Le neuvième congrès du PJD s’est achevé sur un air de déjà-vu. À l’issue d’un vote certes démocratique, le secrétaire général sortant a été reconduit à la tête du parti avec 69,4% des suffrages exprimés. Ce qui aurait pu apparaître comme un plébiscite masque en réalité une impasse : celle d’un parti incapable de se renouveler.
Depuis sa débâcle électorale de 2021, le PJD traverse une crise sans précédent. La moitié de ses adhérents a déserté les rangs, les frères et anciens ténors l’ont quitté, ses finances se sont essoufflées, et son influence politique s’est effritée jusqu’à la marginalité. Dans ce contexte délétère, le congrès du parti de la lampe sonne moins comme un choix d’avenir que comme une fuite en arrière, une tentative désespérée de conjurer le déclin en s’abritant derrière une figure historique.
Or, l’ex-chef du gouvernement, s’il demeure l’un des artisans de l’ascension du PJD, incarne aussi les limites d’une génération politique incapable de se réinventer. Son discours, autrefois fédérateur, résonne aujourd’hui comme un écho lointain, inapte à saisir les fractures nouvelles d’une société en mutation. Plutôt que d’assumer la nécessité d’un passage de témoin, il a préféré prolonger un cycle désormais épuisé.
Plus grave encore, cette reconduction éclaire crûment la crise de leadership que traverse le parti. Ses deux concurrents malheureux n’ont pas su incarner une alternative crédible. Ce déficit de renouvellement compromet durablement la capacité du PJD à se projeter dans l’avenir.
Un regard rétrospectif sur les origines du PJD rappelle pourtant l’esprit de renouveau qui avait animé sa création. Sous l’impulsion de l’un des vétérans du mouvement national et artisan des premiers pas de la démocratie marocaine, le parti était conçu comme une force politique enracinée dans les valeurs de justice sociale et de réforme pacifique. À ses débuts, le PJD s’était nourri de l’idée d’une alternance crédible, portée par des convictions profondes et une promesse d’intégrité. À l’évidence, l’héritage de son fondateur semble aujourd’hui trahi par l’immobilisme.
Le neuvième congrès du PJD n’a donc pas ouvert un nouveau chapitre : il a simplement prolongé l’agonie d’un parti qui regarde son passé avec nostalgie, et son avenir avec inquiétude.
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