Météo : retour de la pluie et baisse des températures, voici pourquoi
Des vents forts balancent les palmiers © depositphotos
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Le Maroc connaît un début de mars particulièrement arrosé, après plusieurs semaines marquées par un important déficit pluviométrique. Pluies intenses, neige, vents violents…Un changement qui s’explique par une évolution notable des dynamiques atmosphériques, favorisant l’arrivée tant attendue des perturbations atlantiques. Ce retour des pluies et des chutes de neige constitue une véritable bouffée d’oxygène pour le Royaume, durement touché par la sécheresse ces dernières années.
Météo : un hiver sec sous l’influence de l’anticyclone des Açores
Depuis le début de l’hiver, le Maroc a été sous l’influence d’un puissant anticyclone des Açores, explique la Direction générale de la météorologie (DGM). Cette zone de haute pression, positionnée au large de l’Atlantique Nord, a empêché les perturbations océaniques d’atteindre le pays. En conséquence, la trajectoire des dépressions s’est décalée vers le nord, apportant des pluies abondantes en Europe de l’Ouest, mais laissant le Maroc sous un climat anormalement sec.
Ce blocage anticyclonique a exacerbé la sécheresse dans plusieurs régions du Royaume, avec des répercussions directes sur les réserves hydriques et l’agriculture. Le stress hydrique s’est aggravé, en particulier dans les plaines agricoles du Gharb, du Haouz et du Souss, où les cultures dépendent fortement des précipitations hivernales.
Une dynamique atmosphérique enfin favorable aux précipitations
Mais depuis la fin du mois de février, un changement s’est opéré dans la circulation atmosphérique. En effet, l’affaiblissement de l’anticyclone des Açores a permis au courant-jet polaire de se renforcer, facilitant ainsi la descente des dépressions atlantiques vers le Maroc. Ainsi, plusieurs systèmes dépressionnaires ont pu pénétrer les côtes marocaines, apportant d’importantes précipitations sur une grande partie du pays. Les reliefs de l’Atlas ont également bénéficié de chutes de neige.
Ce retour des précipitations est également lié à l’évolution de deux phénomènes climatiques majeurs qui modifient la circulation atmosphérique et favorisent l’arrivée des perturbations sur le Maroc. Le premier est l’oscillation Nord-Atlantique (NAO), qui est passée en phase négative depuis le 28 février. Ce changement a un impact direct sur la trajectoire des dépressions, en réorientant les flux d’air et en permettant aux systèmes pluvieux de se diriger vers l’Afrique du Nord plutôt que vers l’Europe. Cette situation explique en grande partie la succession des perturbations qui touchent actuellement le pays.
Le second phénomène est l’oscillation de Madden-Julian (MJO), actuellement en phase huit. Ce cycle climatique est souvent associé à une intensification de l’activité dépressionnaire dans le nord de l’Atlantique et le nord de l’Afrique. Son influence renforce la dynamique atmosphérique en cours et favorise des précipitations plus abondantes sur le Maroc, accentuant ainsi l’impact des dépressions successives.
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La dépression Jana à l’origine des fortes précipitations
Le climatologue Mohamed Karrouk explique que le Maroc traverse actuellement une phase météorologique marquée par la succession de fronts froids atlantiques, qui entretiennent un temps très instable sur le pays. Cette situation est due à une poussée froide en provenance du nord de l’Atlantique, qui alimente en continu la dépression Jana. Ce système dépressionnaire est responsable des importantes précipitations observées sur toute la partie nord du Maroc.
En plus des fortes précipitations, ces perturbations s’accompagnent de vents violents et de chutes de neige significatives sur les reliefs de l’Atlas. Les massifs montagneux sont particulièrement touchés par ces précipitations neigeuses, qui atteignent également certaines zones de l’est et du sud-est du pays.
Les modèles météorologiques indiquent que ces conditions perturbées devraient forcément se prolonger dans les prochains jours, maintenant un temps froid et humide sur l’ensemble du territoire. De nouvelles vagues de précipitations sont attendues, renforçant encore la dynamique météorologique actuelle.
Un espoir après des années de sécheresse
Ce retour des précipitations est un véritable soulagement après un hiver particulièrement sec, marqué par un déficit hydrique important, impactant l’agriculture, les nappes phréatiques et les barrages. Les pluies actuelles, bien que tardives, arrivent donc à point nommé pour offrir un soulagement, en particulier dans les zones agricoles dépendant des précipitations hivernales.
Les avantages de ces précipitations sont évidents. Les réserves d’eau se remplissent progressivement. Cela augure également de meilleures conditions pour la saison agricole à venir, qui pourrait ainsi être plus favorable après plusieurs années de difficultés liées à la sécheresse.
Cependant, ce répit temporaire doit être vu sous l’angle des changements climatiques qui affectent le Maroc et le bassin méditerranéen. Bien que les pluies actuelles soient bénéfiques, elles soulignent la nécessité urgente de poursuivre les efforts en matière de gestion durable de l’eau. Le Royaume doit continuer à investir dans des solutions d’adaptation face à l’imprévisibilité du climat, telles que l’amélioration de l’efficacité de l’irrigation, la gestion des ressources en eau et le développement de techniques agricoles résilientes.
Artisan de la laine, Habiba perpétue des techniques ancestrales pour confectionner selhams et djellabas, contribuant à préserver un précieux patrimoine marocain.
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