Aller au contenu principal

Boycott des produits français : un mouvement "plus symbolique qu’économique"

Suite à la prise de position du président français Emmanuel Macron en faveur des caricatures insultant le prophète Mohammed et l’Islam, après le meurtre du professeur Samuel Paty qui avait montré ces dessins en classe, un appel au boycott des produits français a été lancé dans plusieurs pays. Cependant, bien que cette démarche revêt un message fort et très symbolique pour les musulmans, son impact est loin d’être significatif pour l’économie de l’Hexagone.

Par Nora Jaafar, Publié le 27/10/2020 à 17:34, mis à jour le 27/10/2020 à 17:54
Teaser Media
Boycott des produits français : un mouvement "plus symbolique qu’économique"

Depuis le dimanche 25 octobre, la France est la cible de plusieurs appels internationaux au boycott. Ces appels, provenant principalement des pays du Maghreb, du Proche et Moyen-Orient. Ils interviennent après que le président de la République Emmanuel Macron a défendu les caricatures insultant le prophète Mohammed et l’Islam, lors de l’hommage au professeur Samuel Paty, décapité pour avoir montré ces dessins en classe. Le président français a également lancé que «le droit au blasphème» était un principe cher à son pays, martelant que «l’Islam est en crise». Ainsi, ces propos ont conduit plusieurs pays et dirigeants musulmans, dont le président turc Recep Tayyip Erdogan, à lancer ce mouvement de boycott.

 

Les effets de cette campagne

Selon Ouest France, les produits français ont été retirés de plusieurs grandes surfaces au Qatar et au Koweït. Le Yémen, la Libye et la Palestine ont également procédé à cette même démarche. De plus, «450 agences de voyages koweïtiennes ont suspendu leurs vols à destination de Paris» ce dimanche 25 octobre. En Jordanie, outre le boycott des produits français, les hashtags #OurProphetisaredline (Le prophète est notre ligne rouge), ou #FranceBoycott sont encore très tendance sur les réseaux sociaux. Cependant, RTL et France 24, estiment que ce mouvement, bien que très fort et symbolique, n’a qu’un impact limité sur l’économie de l’Hexagone. Les médias français expliquent que les pays boycottant la France «ne sont pas des partenaires commerciaux de premier plan». Dans le détail, le Proche et le Moyen-Orient ne représentent que 2,7% des exportations françaises de produits agroalimentaires et 6,1% des parfums et produits de toilette. Franck Riester, ministre chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité, a précisé à RTL que «pour l’instant, le boycott est très circonscrit» et «qu’aucun chiffre ne permet de mesurer ses conséquences économiques». De son côté, Geoffroy Roux de Bézieux, président de l’organisation patronale française Medef, assure à France 24 que cette campagne «n’aura pas beaucoup d’effets». Il a même lancé «un appel aux entreprises [françaises] à résister au chantage et à subir ce boycott».

 

Si la situation dégénère, elle risque de nuire à la France et à ses partenaires

Adnane Benchekroun, vice-président de l’Alliance des économistes istiqlaliens, a expliqué à Les Inspirations Éco que le boycott des produits français n’a pas encore pris de l’ampleur dans le Royaume, vu que l’appel a été lancé sur Twitter et que les Marocains ne sont pas très actifs sur ce réseau social. Cependant, il estime que «ni le Maroc ni la France n’ont intérêt à ce que les choses dégénèrent, d’autant plus que cette dernière reste un partenaire économique de premier rang pour le royaume, et vice-versa». Le quotidien précise dans ce sens que les échanges commerciaux entre les deux pays sont passés de 56 milliards de dirhams (MMDH) en 2000 à 108,7 MMDH en 2017, soit une croissance de l’ordre de 4,5%, et ce depuis l’entrée en vigueur de l’Accord d’association (en 2000). Tout en rappelant que la France est le premier fournisseur du Maroc et son premier importateur, il exhorte les «hauts responsables français à faire preuve de pédagogie dans leur communication au sujet de l’Islam», pour éviter que la situation ne s’envenime. «La balle est dans le camp de nos amis français. S’ils communiquent correctement, il n’y aura pas de risque que les choses dégénèrent», conclut-il.

Évolution de l’activité monétique au Maroc

Les neuf premiers mois de 2021 ont été marqués par une reprise remarquable de l’activité monétique au Maroc. En comparaison avec la même période de l’année 2020, le volume global de l’activité a progr...

Perspectives économiques : l’inflation, le grain de sable dans la reprise

Le FMI a abaissé de 0,1 point sa prévision de croissance mondiale à 5,9%. La révision est certes mo...

2021 : la croissance au beau fixe

Le Maroc devra enregistrer l’un des taux de croissance les plus robustes de la région cette année, ...

Des entreprises marocaines victimes des tensions entre Alger et Rabat

Encore une fois, les relations entre Alger et Rabat passent par la case rouge des tensions et des querelles diplomatiques. Dernier épisode en date de cette série noire, une affaire de résiliation des ...

Un record de transferts des MRE prévu à fin 2021

À la suite des travaux de la troisième réunion trimestrielle du Conseil de Bank Al-Maghrib (BAM) au titre de 2021, tenue ce mercredi 13 octobre, la banque centrale a souligné dans un communiqué que le...

IRES : le monde post-Covid-19

Dans son rapport stratégique 2021, intitulé “vers un nouveau monde post-Covid-19 ?”, l’Institut royal des Études stratégiques (IRES) s’est penché sur l’après-crise sanitaire. Soulignant une "quasi-imp...