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France : Emmanuel Macron s'engage à lutter contre le "séparatisme islamiste"

Le président français, Emmanuel Macron, a annoncé, mardi 18 février, une série de mesures pour mettre fin à «l’islam politique» en France qui, selon lui, «n’a pas de place dans la République». Tout en affirmant qu’il ne cherche pas à stigmatiser la communauté musulmane, il a précisé que «le séparatisme islamiste est incompatible avec la liberté, l’égalité et l’indivisibilité» qui sont nécessaires à «l’unité de la nation». De son côté, la presse souligne que cette sortie du président intervient à moins d’un mois des élections municipales.

Par Nora Jaafar, Publié le 19/02/2020 à 16:54, mis à jour le 19/02/2020 à 17:23
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Emmanuel Macron s'engage à lutter contre le "séparatisme islamiste"

Depuis le début de son mandat, le président français, Emmanuel Macron, s’est tenu à l’écart des questions liées à la communauté musulmane de France, la plus importante d’Europe, et s’est plutôt concentré sur les réformes économiques du pays. Cependant, ce mardi 18 février, lors d’une allocution prononcée à Mulhouse, une ville française du département du Haut-Rhin, Macron a annoncé une série de mesures pour mettre fin à «l’islam politique» en France. Il a désigné le «séparatisme islamiste» comme «l'ennemi» à abattre, notant que «l’islam politique n’a pas sa place» dans le pays, rapporte Le Monde. Il a expliqué : «Dans la République, on ne doit jamais accepter que les lois de la religion puissent être supérieures aux lois de la République». Il a tenu toutefois à affirmer qu’il ne souhaite pas «stigmatiser» les musulmans vivant en France et «qu’un plan contre l’islam serait une faute profonde».

Les mesures annoncées par Macron

Le président français a ainsi promis d’abolir le système des «imams détachés», dans le cadre duquel quelque 300 «psalmodieurs» arrivent chaque année en France durant la période du ramadan. Ces derniers, rapporte le Figaro, proviennent de la Turquie (150 imams), de l’Algérie (120 imams) et du Maroc (30 imams), les principaux pays d’origine des musulmans en France. À la place, l’exécutif a déclaré que le gouvernement avait demandé à l’organisme représentant l’islam dans le pays de trouver des solutions pour former des imams sur le sol français, de s’assurer qu’ils maitrisent la langue française et qu’ils ne répandent pas des opinions "islamistes".

Le chef d’État a également annoncé la fin du système des enseignements langue et culture d’origine (Elco) en septembre 2020. Ce dispositif, conduit par des professeurs envoyés par des nations étrangères, concerne neuf pays (Algérie, Croatie, Espagne, Italie, Maroc, Portugal, Serbie, Tunisie et Turquie) et «80 000 élèves» chaque année. Macron a fait savoir qu’il compte remplacer les Elco par des enseignements internationaux en langues étrangères (EILE), nous apprend France24. «Je ne suis pas à l’aise à l’idée d’avoir dans l’école de la République des femmes et des hommes qui peuvent enseigner sans que l’Éducation nationale ne puisse exercer le moindre contrôle. Et nous n’avons pas non plus le contrôle sur les programmes qu’ils enseignent», a-t-il insisté. Et de préciser qu’un accord avait été trouvé avec l’Algérie, la Croatie, l’Espagne, l’Italie, le Maroc, le Portugal, la Serbie, la Tunisie, mais pas avec la Turquie. «Je pense que la Turquie a aujourd’hui le choix de suivre ce chemin avec nous. Mais je ne laisserai aucun pays étranger nourrir, sur le sol de la République, un séparatisme, qu’il soit religieux, politique ou identitaire», ajoute Macron. 

Préparation pour les élections municipales ?

Selon Telquel, les oppositions de droite ont longtemps critiqué le laxisme de Macron quant à "l’islam politique" ou encore le "séparatisme islamiste". Ce débat s’est d’autant plus envenimé par les récentes polémiques qu’a connues le pays, dont celle portant sur la présence de listes communautaristes aux municipales ou celle relative à une accompagnatrice scolaire voilée. Pour le chef de file des sénateurs Les Républicains (LR), Bruno Retailleau, «Emmanuel Macron va faire ce qu’il fait de mieux depuis trois ans : il va faire un discours, mais où sont ses actes ?». Guillaume Peltier, numéro 2 de LR va encore plus loin et appelle à «des actes forts et clairs parce que nous sommes en train de perdre la guerre contre l’islam politique». Le porte-parole du Rassemblement National, dénonce quant à lui de «grosses ficelles complètement ringardes qui servent, juste avant les élections, à allumer les sujets qui fâchent dans le pays et qui ne seront surtout pas traités».

Regrettant toutes ces critiques, le président français dément une quelconque tentative de politisation de ce dossier en pleine campagne électorale. «Je ne vais pas m’arrêter de travailler parce qu’il y a des municipales», a-t-il lancé.

À noter, la France compte entre 5,5 et 6,2 millions de musulmans, soit environ 8% de sa population totale, ce qui fait de cette communauté la plus grande minorité musulmane en Europe. Après les attentats de 2015 à Paris, la fusillade la plus meurtrière de l’histoire du pays qui a fait 130 morts, des dizaines de mosquées ont été fermées en vertu des lois anti-terroristes.

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