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Les USA assassinent le général iranien Soleimani à Bagdad

Les États-Unis ont tué, tôt ce vendredi 3 janvier, le puissant général iranien Qassem Soleimani. Ce dernier a été assassiné lors d’une frappe américaine qui a ciblé une base militaire à l’aéroport de Bagdad. Cette offensive, qui intervient trois jours après une attaque inédite contre l’ambassade des États-Unis, risque de déclencher une nouvelle vague de violence en Irak, mais surtout une « escalade dangereuse » entre Washington et Téhéran.

Par Nora Jaafar, Publié le 03/01/2020 à 12:33, mis à jour le 03/01/2020 à 12:50
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L’assassinat ciblé du général Qassem Soleimani pourrait envenimer davantage le conflit américano-iranien. Soleimani, qui dirigeait depuis 1998 Al Qods, l’unité d’élite des gardiens de la révolution, était considéré comme l’architecte des guerres par procuration de Téhéran au Moyen-Orient. Selon le New York Times, il « était l’une des personnes les plus proches du guide suprême de l’Iran, Ali Khamenei », et était même « vu par certains comme un futur leader de l’Iran ».

Euronews rapporte que le Département américain de la Défense a affirmé que c’est Soleimani qui a approuvé les attaques contre l’ambassade américaine de Bagdad en début de semaine. Il a déclaré en outre que ce dernier « développait activement des plans pour attaquer les diplomates et les membres des services américains en Irak et dans toute la région ». Le Pentagone a pour sa part souligné dans un communiqué : « Sur ordre du président, l’armée américaine a pris des mesures défensives décisives pour protéger le personnel américain à l’étranger en tuant Qassem Soleimani », indique Le Nouvel Observateur.

 

Réaction américaine

Cette attaque a pris le Congrès par surprise, explique le Washington Post. La même source rapporte que le candidat démocrate à la présidence de 2020, Joe Biden, a déploré : « le président Trump vient de jeter un bâton de dynamite dans une poudrière, et il doit au peuple américain une explication ». La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a quant à elle dénoncé « les actions provocatrices et disproportionnées du président » qui pourraient provoquer une « escalade dangereuse ». Bernie Sanders, l’autre favori de la primaire démocrate a lancé : « La dangereuse escalade de Trump nous amène plus près d’une autre guerre désastreuse au Moyen-Orient ».

 

Cependant, les républicains ont de nouveau affirmé leur soutien à l’approche et à la démarche de l’administration Tump. En effet, nous apprend Le Nouvel Observateur, le sénateur républicain Marco Rubio a félicité le président pour cette offensive : « Les actions défensives que les États-Unis ont prises contre l’Iran et ses mandataires sont conformes aux avertissements clairs qu’ils ont reçus. Ils ont choisi d’ignorer ces avertissements parce qu’ils croyaient que le président des États-Unis était empêché d’agir en raison de nos divisions politiques internes. Ils ont extrêmement mal évalué ». L’influent sénateur Lindsey Graham, proche allié de Trump, a également déclaré : « J’apprécie l’action courageuse du président Donald Trump contre l’agression iranienne. Au gouvernement iranien : si vous en voulez plus, vous en aurez plus ».

 

La colère de l’Iran

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Javad Zarif, a qualifié cette escalade de « folle ». Tandis que le Guide suprême Ali Khamenei a déclaré trois jours de deuil et a appelé à de « sérieuses représailles ». Selon France 24, ce dernier a ajouté : « Tous les ennemis doivent savoir que le jihad de la résistance se poursuivra avec une motivation redoublée, et que la victoire finale attend les combattants de cette guerre sainte ». De son côté, le président iranien Hassan Rohani a promis que « l’Iran et les autres nations libres de la région » prendraient « leur revanche sur l’Amérique criminelle pour cet horrible meurtre », indique le journal Libération.

Par ailleurs, selon Euronews, Moqtada al-Sadr, l’ecclésiastique populiste irakien et ancien chef de milice, a menacé en représailles de reformer son ancienne « Armée du Mahdi », qui a combattu les troupes américaines pendant et après l’invasion de 2003. De plus, Basem Naim, une figure importante du Hamas, a affirmé que l’assassinat du général Soleimani « ouvre les portes de la région à toutes les possibilités, sauf au calme et à la stabilité ».

 

L’escalade de tension entre l’Iran et les USA en Irak

Notons que les tensions entre l’Iran et les États-Unis ont débuté en 2018, lorsque le président américain a décidé de retirer unilatéralement son pays de l’accord nucléaire de 2015. Cet accord avait été conclu par son prédécesseur, Barack Obama, et avait été signé par les principales puissances mondiales, notamment la Chine, la Russie, la France et le Royaume-Uni. Plus récemment, Téhéran s’est emparé de pétroliers et a abattu un drone de l’armée américaine, à la suite de la réimposition par Trump de sanctions contraignantes affaiblissant l’économie du pays. La presse internationale souligne que l’autorité légale qui a appuyé la dernière frappe des États-Unis n’est pas claire. Le président américain revendique une large autorité pour agir sans l’approbation du Congrès lorsque le personnel ou les intérêts américains sont confrontés à une menace imminente, explique Reuters.

 

Le New York Times rappelle qu’une dizaine d’attaques à la roquette ont visé depuis fin octobre des soldats et des diplomates américains, tuant il y a une semaine un sous-traitant américain. Cependant, le média affirme que la frappe de ce vendredi « donne de plus en plus de consistances à la menace qui pèse depuis des mois sur l’Irak : que son sol se transforme en un champ de bataille par procuration pour l’Iran et les États-Unis ».

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