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Hirak : Le journaliste Omar Radi arrêté pour outrage à magistrat

Ce jeudi 26 septembre, le journaliste marocain Omar Radi a comparu devant le tribunal de première instance de Casablanca. Il est "poursuivi en état d’arrestation" pour un tweet publié en avril 2019, dénonçant le verdict du juge Lahcen Tolfi contre les militants du Hirak. Il est accusé « d’outrage à magistrat », conformément à l’article 263 du Code pénal.

Par H.L.B, Publié le 27/12/2019, mis à jour le 30/12/2019
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En avril 2019, le journaliste et activiste des droits de l’homme, Omar Radi, s’est tourné vers le réseau social Twitter pour dénoncer le verdict du juge Lahcen Tolfi contre les militants du Hirak. Le verdict condamnait les militants du mouvement rifain, dont leur leader, Nasser Zefzafi, à des peines allant jusqu’à 20 ans de prison, rappelle TelQuel. Huit mois plus tard, le journaliste a été convoqué le 26 décembre par la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ), pour cette publication sur le réseau social. Dans la même journée, il a été déféré devant le tribunal de première instance de Casablanca.

 

 

Contacté par le site d’information Yabiladi, Me Omar Benjelloun, avocat de Radi, a expliqué que son client est accusé « d’outrage à magistrat » par le procureur du roi qui a programmé l’audience. Il a indiqué que l’accusation est fondée sur l’article 263 du Code pénal. Cet article condamne de un mois à un an d'emprisonement et d’une amende de 250 à 5 000 dirhams « quiconque, dans l’intention de porter atteinte à leur honneur, leur délicatesse ou au respect dû à leur autorité, outrage dans l’exercice de leurs fonctions ou à l’occasion de cet exercice, un magistrat, un fonctionnaire public, un commandant ou agent de la force publique, soit par paroles, gestes, menaces, envoi ou remise d’objet quelconque, soit par écrit ou dessin non rendus publics », rapporte TelQuel. 

 

« Il est poursuivi par le procureur et a été immédiatement traduit en justice pour la première audience. Said Benhammani (le deuxième avocat de Radi) et moi-même allons demander le report de l’audience pour préparer notre défense et demander la mise en liberté provisoire », déclare Me Benjelloun. L’avocat a ajouté que l’affaire a été ajournée au 2 janvier et que le tribunal a refusé d’accorder la liberté provisoire au journaliste. Ce dernier passera donc le nouvel an dans une cellule.

 

Selon le journal arabophone Akhbar Al Yaoum, la BNPJ a décidé de faire comparaître le journaliste devant le procureur de Casablanca après qu’il ait été convoqué au début de l’année pour le même motif. En effet, le 18 avril dernier, Radi a été interrogé par la police pour ses commentaires sur le juge Lahcen Tolfi. Il avait par la suite dénoncé son interrogation de plus de 4 heures par la police pour ses tweets.

 

 

La presse internationale relaye l'affaire

Cette affaire fait non seulement polémique au Maroc, mais elle attire également l’attention de plusieurs médias étrangers et organisations internationales. Selon l’AFP, l’ONG Reporters sans frontières (RSF), qui a placé le Maroc à la 135e place sur les 180 pays recensés dans son rapport annuel sur la liberté de la presse, condamne la décision de placer Omar Radi « en détention pour des tweets datant d’avril dernier ». De son côté, France 24 souligne que cette affaire intervient après que l’Association marocaine des droits de l’homme avait déploré en juillet 2019 une « escalade des violations des droits de l’homme, des libertés publiques et individuelles » au Maroc. Le New York Times a, quant à lui, indiqué que les associations marocaines de défense des droits sont de plus en plus préoccupées par ce qu’elles considèrent comme des atteintes aux libertés individuelles dans le royaume, notamment par des arrestations arbitraires liées aux attaques politiques contre les autorités.

 

Par ailleurs, à la suite de l’arrestation de Omar Radi, plusieurs journalistes, militants et activistes marocains et étrangers ont exprimé leur indignation sur les réseaux sociaux. Ils ont lancé sur Facebook et Twitter le hashtag #FreeOmarRadi pour dénoncer la détention du journaliste, pour relayer les articles de son affaire ainsi que pour fédérer la communauté de la presse pour le soutenir.


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