La croissance manque de peps

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L’actualisation des prévisions de la Banque centrale aboutit à une croissance de 2,6 % du PIB en 2019. C’était attendu, mais sa confirmation en dessous de 3 % interpelle.
La dépendance des campagnes agricoles
Évidemment, la mauvaise campagne agricole aura fortement pesé. La seule satisfaction, s’il y en a une, est le rythme de progression des activités non agricoles. Leur croissance s’établirait à 3,3 % en 2019 et poursuivra son redressement sur les deux prochaines années. C’est le principal à suivre puisque personne ne peut maîtriser les caprices de la météo. Les mauvaises campagnes agricoles sont dévastatrices pour l’emploi en milieu rural. Entre les troisièmes trimestres 2018 et 2019, l’économie a perdu 204 000 emplois dans l’agriculture. En se basant sur une production céréalière moyenne (80 millions de quintaux) et un bon comportement des récoltes des autres produits, le PIB agricole devrait augmenter de 6,2 % en 2020 avant de reculer à 3 % en 2022.
Les vecteurs de la croissance
Au final, la croissance globale rebondirait à 3,8 % en 2020. Comparé au pays de la région Mena, le Maroc n’a pas à rougir de sa performance. Mais, il doit s’interroger sur son modèle pour changer de palier de croissance. C’est ce à quoi s’attèlera la commission spéciale sur le modèle de développement. Des pistes pour redresser la barre figurent dans les rapports annuels de la Banque centrale. Toutes les contributions seront nécessaires pour construire les bases d’un modèle équilibré et inclusif.
D’ores et déjà, et indépendamment des travaux de la commission spéciale sur le développement, le secteur financier va renforcer son action envers les TPE, les porteurs de projets après la sollicitation royale. Le gouverneur de Bank Al-Maghrib a livré quelques éléments, sans rentrer dans le détail lors de la conférence de presse à l’issue de la réunion du Conseil. Le dispositif devrait être prêt pour début janvier 2020 et les banques doivent rendre compte périodiquement à Bank Al-Maghrib de leurs actions. Une implication plus forte des banques envers les TPE et les porteurs de projets pourrait dynamiser un peu l’activité économique. Les TPE représentent plus de 85 % des entreprises marocaines. Dans le même temps, il faudra veiller à ce qu’elles soient payées dans les délais. Le financement n’est donc pas le seul levier sur lequel il faut agir, mais il est impératif de repenser toute une chaîne.
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