Délais de paiement : Le name en attendant le shame

Avatar de J.R.Y

Temps de lecture :

délais de paiement

A
A
A
A
A

Le ministère des Finances publiques a commencé ce jeudi 31 octobre à publier les délais de paiement des établissements publics. À partir de mars 2020, la publication de ces indicateurs sera mensuelle. C’est un pas important. Les entreprises susceptibles d’entrer en relation d’affaires avec ces structures sauront d’avance à quoi s’attendre. C’est le name en attendant le shame. Cette initiative aura pour effet de mettre la pression sur les dirigeants des structures qui paient très en retard pour améliorer leurs process.

Il y a encore énormément à faire pour ramener les entreprises à des comportements de paiement raisonnables. Mohamed Benchaaboun, ministre de l’Économie et des Finances fait au moins bouger les choses dans le bon sens pour le secteur public. Dès ce jeudi, les délais de paiement des entreprises et établissements publics (EEP) seront publiés sur le site du ministère des Finances.

Une publication mensuelle pour les EEP

La Direction des Entreprises Publiques et de la Privatisation (DEPP), qui assure le secrétariat de l’Observatoire des délais de paiement, publiera de manière progressive les données relatives aux délais de paiement déclarés par les EEP. Le but est d’assurer, au terme de la phase transitoire (octobre 2019 – février 2020), une publication mensuelle régulière à partir de mars 2020. C’est le name en attendant le shame. Mais, c’est déjà un pas important. Les entreprises susceptibles d’entrer en relation d’affaires avec ces structures sauront d’avance à quoi s’attendre.

Dans d’autres pays, non seulement les noms des mauvais payeurs sont affichés publiquement, mais, ils doivent également s’acquitter de lourdes amendes. C’est surtout leur image qui prend un sérieux coup. Tout l’espoir des entreprises est que cette initiative soit étendue au secteur privé. Le montant des crédits interentreprises est invraisemblable : 440 milliards de DH.

La publication des chiffres concernant les EEP aura aussi pour effet de mettre la pression sur les dirigeants des structures qui paient très en retard pour améliorer leurs process.

Les bons et mauvais élèves

Le délai de paiement moyen des EEP s’est établi à 50,6 jours à fin juin. Mais il existe de fortes disparités, d’où l’intérêt de cette liste.

La Société d’études et de réalisations audiovisuelles (Soread) paie en moyenne 327 jours soit les délais les plus élevés. La Société nationale de réalisation et de gestion des stades (Sonarges) affiche 276 jours et l’Agence Urbaine de Kelaa Sraghna 200 jours.

Parmi les poids lourds du portefeuille public, l’ONEE par exemple règle ses fournisseurs en moyenne en 128 jours et l’ONCF en 121 jours. Dans le cas de ces deux entreprises, on ne peut pas totalement leur attribuer la responsabilité de ces délais supérieurs très longs parce qu’elles n’ont pas suffisamment de marge de manœuvre en matière de gouvernance. Elles investissent massivement, mais elles n’ont pas la maîtrise de leur politique tarifaire. Les prix sont réglementés. En outre, l’État ne rembourse pas dans les temps les crédits TVA ce qui met une pression énorme sur les trésoreries de ces structures. Mécaniquement, cela rejaillit sur leurs fournisseurs.

Parmi les bons élèves, on retrouve la Société Rabat région aménagements (2 jours), la Société marocaine d’ingénierie touristique (3 jours) et la Caisse Centrale de Garantie (4 jours).

JEUX Nouveau
🎯 Mot du Jour chargement...

Devine le mot français du jour et apprends son équivalent en Darija 🇲🇦

Appuie sur Entrée pour jouer avec ton essai déjà rempli !

Dernier articles
Les articles les plus lu
Rally IA : les défis de la confiance et de la donnée en question

À Merzouga, un panel met en lumière les défis de l’IA : éthique, gouvernance des données et intégration économique au cœur des enjeux.

Ilyasse Rhamir - 19 juin 2026
IA : qui est responsable quand le chatbot se trompe ?

À Merzouga, une keynote appelle à une IA responsable, plaçant l’humain au centre et alertant sur les enjeux de responsabilité et d’impact des systèmes intelligents.

Ilyasse Rhamir - 19 juin 2026
Centres d’appels : les syndicats marocains, tunisiens et français du secteur se réunissent à Casablanca

Les syndicats du BPO de France, du Maroc et de Tunisie se réunissent le 21 juin à Casablanca pour débattre de l’IA, de l’emploi et des nouvelles contraintes réglementaires.

El Mehdi El Azhary - 18 juin 2026
Et si le vrai défi de l’IA marocaine n’était pas la technologie ?

À Merzouga, experts et décideurs débattent des priorités de l’IA au Maroc, entre souveraineté, accès à la data, cybersécurité et cadre réglementaire.

Ilyasse Rhamir - 18 juin 2026
Fruits rouges, agrumes et olivier : les moteurs de la campagne agricole marocaine 2025/2026

La campagne agricole 2025/2026 au Maroc est marquée par le rebond des fruits rouges, des agrumes et de l’olivier grâce au retour des pluies.

Mouna Aghlal - 18 juin 2026
Merzouga : experts et décideurs tracent les priorités de l’IA

À Merzouga, experts et décideurs identifient les priorités pour accélérer l’IA au Maroc, entre souveraineté, accès à la data, cybersécurité et régulation.

Ilyasse Rhamir - 18 juin 2026
Voir plus
Le Made in Morocco est-il en danger ?

Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.

Sabrina El Faiz - 14 mars 2026
Viandes, poissons : la danse des prix ramadanesques

Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !

Sabrina El Faiz - 7 mars 2026
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
Pilotage énergétique : pourquoi la data est un levier de compétitivité pour les entreprises ?

Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.

Rédaction LeBrief - 13 mars 2026
Ramadan 1447 : la grande bataille des dattes

Consommation-Production locale, importations, prix, qualité, enquête sur le marché ramadanesque des dattes au Maroc.

Sabrina El Faiz - 21 février 2026
Crise au Moyen-Orient : vers une hausse de la facture d’électricité au Maroc ?

Économie - Fortement dépendant des importations et du charbon pour produire son électricité, le Maroc pourrait voir sa facture énergétique augmenter si la crise perdure au Moyen-Orient.

El Mehdi El Azhary - 11 mars 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire