Comment Bank Al-Maghrib gagne sa vie ?

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La priorité de la banque centrale est la stabilité des prix. Mais, elle ne néglige pas pour autant ses autres activités. Les produits issus de la conduite de la politique monétaire et de la gestion des réserves des changes ont significativement augmenté en 2018. Ces résultats solides ont été atténué par des éléments non récurrents, ce qui a entrainé une baisse de 6% du résultat net à 985 millions de DH. Pour le budget de l’Etat, les performances financières de la banque centrale se traduisent par des rentrées importantes de recettes. En dix ans, elle a versé 11 milliards de DH de dividendes et payé plus de 8 milliards de DH d’impôts sur les sociétés.

Maîtresse de la stabilité des prix, Bank Al-Maghrib a aussi une activité comme toute autre entreprise. Elle tire principalement ses revenus du refinancement des banques, de la gestion des réserves de changes et des opérations de change.

Des activités rémunératrices assumées

Sur le premier volet, ses revenus sont étroitement liés aux décisions de sa politique monétaire et au dynamisme de l’activité de crédit. Bank Al-Maghrib prête de l’argent aux banques au taux directeur. Celui-ci est à 2,25% actuellement. Il y a dix ans, il était à 3,25%. Lorsque la demande de crédit est dynamique, les banques se retournent davantage vers la banque centrale pour se refinancer.

D’autres facteurs, comme la hausse de la circulation fiduciaire et la baisse des réserves de changes peuvent accroître les besoins de liquidités des banques et les orienter vers la banque centrale pour lever des fonds. L’on était davantage dans cette situation l’année dernière puisque les interventions de la banque centrale sur le marché monétaire ont nettement augmenté à 63 milliards de DH en moyenne. Du coup, les produits nets issus de la conduite de la politique monétaire ont se sont renforcés de 51% à 1,3 milliard de DH.

D’autres activités de régulation optimisées

En matière de gestion des réserves de change (équivalent à 216 milliards de DH à fin 2018), la priorité reste la sécurité et la liquidité des placements. Le rendement n’est donc pas la préoccupation majeure. Mais en fonction de l’évolution du contexte à l’international, la banque centrale effectue des arbitrages pour optimiser le rendement du portefeuille. Ces dernières années, les taux bas et surtout négatifs pèsent sur les rendements des actifs dans la zone euro. Pour trouver un peu plus de rendement, la banque centrale renforce un peu plus ses allocations en faveur du marché dollar, en achetant un peu plus de titres souverains américains. L’année dernière, la hausse des taux d’intérêt américain a été bénéfique. En outre, elle a enregistré une économie de 30% sur les charges liées aux placements en devises.

Par ailleurs, Bank Al-Maghrib dispose de 22 tonnes d’or en coffre fort. Malgré les fluctuations du cours de l’or à l’international, le niveau du stock n’a pas bougé. Il était valorisé à 8,7 milliards de DH à fin 2018. Les avoirs et placements en or ont généré un revenu de 6,2 millions de DH en 2018. Globalement, la gestion des réserves de changes a rapporté 1,7 milliards de DH en hausse de 18% en 2018.

En revanche, les revenus issus des autres opérations de la banque centrale ont décroché de 40% à 548 millions de DH.

Une participation non négligeable au budget de l’Etat

Au final, la banque centrale a dégagé un bénéfice de 985 millions de DH en baisse de 6%. Ce recul est essentiellement imputable à des éléments non récurrents. Grâce à ses performances, BAM apporte un soutien non négligeable au budget de l’Etat. En dix ans, elle a réalisé 13 milliards de DH de bénéfices dont 11 milliards de DH ont été reversés à l’Etat sous forme de dividendes. Sur la même période, elle a aussi payé plus de 8 milliards de DH d’impôt sur les sociétés.

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