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Cryptomonnaie au Maroc : un engouement malgré l’interdiction

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Catégorie Économie , Gros plan

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Le Maroc s’ouvre de plus en plus à la cryptomonnaie. Un rapport de la société américaine de recherche « Chainalysis » classe le Maroc à la 24e position mondiale avec un volume d’échange estimé à six millions de dollars américains. Ce chiffre fait du Royaume le 4e pays africain le plus actif en termes de volume d’échange en 2021 et le premier en Afrique du Nord.

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Le Maroc figure dans le top 25 mondial dans le dernier rapport de Chainalysis sur la cryptommonaie. Avec un volume d’échange atteignant six millions de dollars, le pays est le quatrième plus grand commerçant de cryptomonnaie sur le continent africain, derrière le Nigeria, l’Afrique du Sud et le Kenya. Il est aussi le premier en Afrique du Nord, loin devant l’Algérie (44e), l’Égypte (58e) et la Tunisie (62e).



Selon la plateforme américaine de recherche en cryptomonnaie, environ 900.000 Marocains possèdent des cryptomonnaies, soit plus de 2% de la population totale du pays, selon les estimations de Triple A, une organisation spécialisée dans la technologie blockchain.




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Pourtant, le Maroc interdit cette pratique. En effet, l’Office des changes considère que les transactions effectuées via les monnaies virtuelles constituent une infraction à la réglementation et sont passibles de sanctions et d’amendes. Cependant, en mars 2021, le gouverneur de Bank Al Maghrib a annoncé dans une conférence de presse que son conseil d’administration est en train de délibérer sur les avantages économiques de l’adoption des cryptomonnaies.



 



Comment expliquer cet engouement ?



Pourquoi le Bitcoin a explosé au Maroc en 2021 ? Les échanges de Bitcoins sont-ils considérés par les Marocains comme une alternative aux systèmes bancaires, conservateurs et restrictifs ? Serait-il plus judicieux de réglementer l’usage de la cryptomonnaie ? Hicham Berjaoui, professeur de sciences économiques à l’Université Cadi Ayyad de Marrakech, a bien voulu nous livrer son avis.



«Il importe, d’abord, de mentionner que l’utilisation de la cryptomonnaie prolifère rapidement à l’échelle planétaire. La souplesse la caractérisant par rapport aux échanges monétaires classiques pousse de plus en plus les gens à y recourir pour effectuer des transactions. Le Maroc est un pays où internet est facilement accessible et où les Marocains sont de plus en plus connectés. Il est donc normal qu’ils suivent, et mettent en œuvre, les activités qui s’y déploient, notamment celles se rapportant aux transactions cryptomonétaires», souligne notre intervenant.




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Hicham Berjaoui souligne également que l’utilisation de la cryptomonnaie permet l’obtention de revenus importants sans passer par les contrôles et les procédures monétaires officiels «Les cryptomonnaies dérogent au contrôle exercé par les banques centrales sur les flux et les transactions monétaires. Certes, la volatilité les façonnant peut préjudicier l’économie réelle surtout si l’on considère que le financement et la dynamisation de celle-ci devraient demeurer l’apanage des banques. Cependant, je pense que la confection d’un cadre juridique approprié, résultant d’une démarche participative impliquant tous les acteurs concernés (utilisateurs, gouvernements, banques), est de nature à optimiser davantage la contribution des cryptomonnaies aux dynamisations économiques», note le professeur Berjaoui.



Enfin, ce dernier précise que le gouvernement hésite à sortir ces transactions de la clandestinité et les faire régir par des dispositifs juridiques adéquats, car cela peut facilement sous-tendre des activités illicites telles que le blanchiment d’argent ou le financement d’actes terroristes.




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Pour rappel, lors des questions orales tenues lundi 10 janvier au Parlement, Nadia Fettah Alaoui, ministre de l’Économie et des Finances, a déclaré que la réglementation de la cryptomonnaie sera discutée avec les services de son département.



Le Maroc va-t-il donc passer ce cap et abolir la réglementation de l’Office des changes ? Une chose est sûre, la réflexion est bel et bien lancée et la faisabilité réglementaire de cette pratique est à l’étude. À suivre. 



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