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Concours d’accès des AREF : les étudiants montent au créneau

En plus des syndicats de l’enseignement, plusieurs étudiants ont manifesté leur refus des récentes mesures introduites par le ministère de l’Eduction nationale concernant les conditions d’accès au concours de recrutement des Académies régionales de l’éducation et de la formation (AREF). Des manifestations ont ainsi été organisées dans plusieurs villes du Royaume, exigeant que le gouvernement revienne sur ses décisions, notamment celle de limiter l’accès au concours aux moins de 30 ans. De son côté, le département de Chakib Benmoussa refuse toutes concessions à ce sujet, et affirme que cette réforme vise à renforcer le système scolaire.

Par Nora Jaafar, Publié le 29/11/2021 à 13:24, mis à jour le 29/11/2021 à 13:47
         Temps de lecture 5 min.
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Concours d’accès des AREF : colère des étudiants et des syndicats contre l’intransigeance du ministère de tutelle

À l’instar des syndicats de l’enseignement, des étudiants ont fortement rejeté la décision du ministère de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports de limiter l’accès au concours de recrutement des Académies régionales de l’éducation et de la formation (AREF) aux personnes de moins de 30 ans. Ainsi, depuis la semaine dernière des milliers d’étudiants et de chômeurs ont organisé des manifestations dans plusieurs villes du Royaume pour appeler le gouvernement à revenir sur sa décision.

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La grogne des étudiants

À Safi, Nador, Marrakech, Taza, Fès et Rabat, ils étaient des milliers à protester dans la rue contre les nouvelles conditions de présélection du concours des AREF. Ils ont brandi des slogans qui rejettent ces nouvelles mesures, les qualifiant d’«injustes» et de «contraires aux aspirations des chômeurs et des étudiants». Les étudiants ont aussi dénoncé que cette décision va entrainer «l’exclusion» d’une grande partie des citoyens de leur droit de passer ces concours. Les protestataires ont également pointé du doigt le ministre de tutelle, Chakib Benmoussa, lui imputant la responsabilité de «l’exacerbation du chômage au Maroc».

En plus de contester l’âge fixé à 30 ans pour les futurs candidats, les étudiants de la faculté pluridisciplinaire de Nador ont rejeté la condition d’obtention de mentions au baccalauréat et à la Licence pour l’accès aux professions éducatives. Ils ont martelé que cette mesure risque d’impacter «les fils des pauvres, qui trouvent en l’accès au métier d’enseignant une bouée de sauvetage, pour les sortir de la crise du chômage». Même son de cloche chez les étudiants de Marrakech, de Taza et de Fès qui ont tous appelé à plus de «justice sociale» durant leurs manifestations et sit-in.

Par ailleurs, une autre protestation des étudiants était prévue ce dimanche à Rabat, la Coordination des étudiants licenciés ayant lancé un appel à manifester contre la limite d’âge de 30 dans l’Avenue Mohammed V au centre de la capitale. Cependant, seules quelques dizaines de personnes ont répondu à l’appel de la Coordination. Hormis quelques accrochages verbaux, aucun incident ne s’est produit entre les manifestants et les forces de l'ordre.

Lire aussi : Enseignement : les nouvelles modalités de recrutement font jaser

 

L’indignation des syndicats de l’enseignement

Rappelons que le ministère de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports a décidé de réformer les conditions de recrutement des enseignants, en introduisant une liste de nouvelles mesures, et ce quelques semaines seulement avant la tenue du concours de l’AREF (prévu le 11 décembre prochain). Il s’agit de l’adoption d’une procédure de présélection au concours écrit s’appuyant sur des critères objectifs et rigoureux, dont une lettre de motivation exigée des candidats, de l’impossibilité des enseignants du privé de rejoindre le secteur public sans l’accord de leur patron ou encore la limitation de l’accès aux concours aux personnes de moins de 30 ans. Cette dernière condition a été la plus contestée par les professionnels du secteur, qui l’ont jugée «discriminatoire».

Pour les représentants de la Fédération nationale de l’enseignement (FNE-UMT), du syndicat national de l’enseignement (SNE-CDT), de la Fédération libre de l’éducation (FLE-UGTM) et de la Fédération nationale de l’enseignement et du Syndicat national de l’enseignement (FDT), ces nouvelles conditions pour passer les concours sont «déraisonnables et nécessitent un débat avec les syndicats concernés et l’opinion publique». La FNE et le SNE les ont même qualifiées «d’anticonstitutionnelles», martelant que «tous les Marocains sont égaux dans la prise de fonctions publiques».

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Le département de Benmoussa est intransigeant 

De son côté, et malgré le tollé qu’ont provoqué ses nouvelles réformes des conditions de recrutement des enseignants, le ministère de tutelle a explicitement précisé qu’il ne compte pas revenir sur sa décision. Chakib Benmoussa a souligné que certes, c'est une étape «douloureuse», mais elle est «nécessaire» pour la réforme du système éducatif. «Les conditions de présélection au concours de l’AREF visent à améliorer la profession, en renforçant la compétence du personnel enseignant et en favorisant de nouvelles carrières», a-t-il affirmé à la suite de sa réunion du mardi dernier avec les syndicats du secteur. Il a insisté que ces nouvelles mesures visent à «renforcer le système scolaire» et à «permettre aux élèves d’acquérir les compétences nécessaires pour contribuer au développement du pays».

Mustapha Baitas, ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement, a pour sa part expliqué que le nouvel exécutif «place la réforme de l’école publique au centre de ses grandes orientations réformistes». Il a affirmé, à l’issue de la réunion du Conseil du gouvernement du jeudi dernier, que le département de Benmoussa cherche avant tout à «promouvoir l’école publique, à améliorer les programmes de formation et à mettre à disposition des infrastructures à même de perfectionner le concept de la qualité dans l’écosystème éducatif au Maroc». Et de soutenir que les nouvelles mesures de recrutement des enseignants sont légales et parfaitement légitimes. «La réforme du système éducatif ne peut être reportée et nécessite d’avoir le courage politique nécessaire», a-t-il assuré, notant que le gouvernement «dispose d’une vision claire de ladite réforme dans le cadre du nouveau modèle de développement».

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