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Israël-Palestine : l'escalade de tensions s'envenime

Le Maroc a exprimé ses inquiétudes quant à l’aggravation de la situation à Al-Qods. L’esplanade d’Al-Aqsa est le théâtre d’affrontements violents entre Israéliens et Palestiniens. Des troubles qui ont été exacerbés par des échanges de missiles et de roquettes entre Tel-Aviv et le Hamas. Une escalade qui met en péril la coexistence entre Juifs et Arabes au sein de l’État hébreu, notamment à Lod.

Par Nora Jaafar, Publié le 12/05/2021 à 14:25, mis à jour le 12/05/2021 à 17:34
         Temps de lecture 6 min.
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Israël-Palestine : l'escalade de tensions s'envenime

Ce mardi 11 mai, la Ligue arabe a tenu une réunion virtuelle à ce sujet. Intervenant lors de cette visioconférence, Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, a fait part des inquiétudes du Maroc concernant les violations commises par Israël contre la Palestine et les Palestiniens, en particulier dans le quartier de Sheikh Jarrah. Cette nouvelle escalade a été déclenchée par l’expulsion illégale de plusieurs familles palestiniennes résidentes dans ce quartier. Tel-Aviv a également mené des attaques violentes et a arrêté arbitrairement des Palestiniens dans la mosquée Al-Aqsa.

Bourita a lancé : «Nous sommes tous d’accord sur notre rejet catégorique de toutes les violations et mesures unilatérales qui portent atteinte au statut juridique d’Al-Qods Al-Sharif et aux droits légitimes du peuple palestinien frère dans la réalisation de ses aspirations à la liberté et à l’indépendance». Il a ajouté que les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe condamnent les «discours haineux des parties extrémistes», avertissant que les pratiques d’Israël entraîneront davantage de violences et de haine entre Israéliens et Palestiniens.

Lors de son allocution, le ministre a également renouvelé l’engagement du Royaume en faveur des droits légitimes des Palestiniens. «Le Royaume du Maroc place la question palestinienne et Al-Qods Al-Sharif au premier rang de ses préoccupations. Je ne peux m’empêcher de réaffirmer la position ferme et claire du Royaume à ce sujet», a-t-il assuré. Une position que Saad Dine El Otmani, Chef du gouvernement, n’a pas manqué de réitérer à Ismaïl Haniyeh, chef du Bureau politique du Mouvement de la résistance islamique (Hamas), lors d’un appel téléphonique effectué dans la soirée du mardi 11 mai. El Otmani a affirmé lors de cet échange que «le Maroc condamne les offensives d’Israël à Al Qods, ses tentatives de judaïsation de cette ville sainte ainsi que ses attaques répétées contre le quartier de Sheikh Jarrah et la mosquée Al-Aqsa». Et de noter que le Royaume conteste «toutes les mesures des autorités d’occupation qui affectent le statut juridique de la mosquée Al-Aqsa et d’Al-Qods Al-Sharif, et violent les droits légitimes des Palestiniens».

De son côté, le chef de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, a souligné que «les violations israéliennes à Jérusalem, et la tolérance du gouvernement envers les extrémistes juifs hostiles aux Palestiniens et aux Arabes ont conduit à l’exacerbation de la situation au Proche-Orient». Il a noté que les États membres de la Ligue soutiennent la cause palestinienne et reconnaissent qu’Al-Qods est la capitale légitime de la Palestine.

Lire aussi : Journée d’Al Qods : des heurts éclatent sur le site d’Al-Aqsa

Un comité pour faire pression sur la communauté internationale

Lors de cette réunion virtuelle au sommet, les ministres arabes des Affaires étrangères ont décidé de créer un comité ministériel comprenant le Maroc, la Palestine, la Jordanie, l’Égypte, l’Arabie saoudite et le Qatar. Ce dernier sera chargé d’échanger avec les membres permanents du Conseil de sécurité (CS) de l’Organisation des Nations unies (ONU) et d’autres pays influents de la scène internationale. Il les incitera ainsi à prendre des mesures concrètes pour mettre un terme aux politiques israéliennes qui oppressent les Palestiniens et les privent de leurs droits fondamentaux.

Le comité, qui comprend également le président du sommet arabe, le membre arabe siégeant au Conseil de sécurité et le secrétaire général de la Ligue arabe, a soumis un rapport sur les résultats de ses démarches au Conseil de la Ligue réuni ce mardi en session extraordinaire. Les représentants des pays membres de ladite Ligue ont également demandé à la Cour pénale internationale (CPI) d’ouvrir une enquête pénale sur l’apartheid, les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis par Tel-Aviv contre le peuple palestinien. L’expulsion illégale et forcée des Palestiniens de leurs maisons dans le quartier de Sheikh Jarrah et dans le reste des territoires et quartiers palestiniens occupés devrait également faire l’objet d’une investigation approfondie, ont-ils martelé. Aussi, ils ont exhorté la CPI à consacrer toutes les ressources matérielles et humaines nécessaires à cette enquête et de la prioriser, en raison de la récente escalade de tensions à Al-Qods.

Lire aussi : Une affaire de droits fonciers déclenche des affrontements à Al-Qods-Est

Détérioration de la coexistence entre Juifs et Arabes au sein de l’État hébreu

Par ailleurs, les échanges de tirs meurtriers entre les militants palestiniens de la bande de Gaza et l’armée israélienne se sont considérablement intensifiés durant cette semaine. Selon Israël, plus de 1.000 roquettes ont été tirées par le Hamas en 38 heures, la plupart visant Tel-Aviv. En réponse, le pays a effectué des centaines de frappes aériennes, détruisant deux tours de Gaza le mardi 11 et mercredi 12 mai. Au moins 43 Palestiniens et six Israéliens ont été tués lors de ces violences depuis le lundi, dont 13 enfants palestiniens.

Sur les 1.050 roquettes et obus de mortier qui ont été tirés depuis Gaza, 850 ont atterri en Israël ou ont été interceptés par le système de défense aérienne Iron Dome, et 200 n’ont pas réussi à franchir la frontière et ont atterri à nouveau à Gaza, a déclaré l’armée israélienne.

De leurs côtés, les Arabes résidant dans l’État hébreu ont également organisé de violentes manifestations dans un certain nombre de villes israéliennes. Lod, près de Tel-Aviv, a même été placée en état d’urgence. Cette dernière a vu sa minorité arabe protester dans les rues en solidarité avec «ses frères palestiniens à Al-Qods» et attaquer la police israélienne avec des pierres. Les forces de l’ordre ont répliqué avec des grenades paralysantes.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, qui s’est déplacé à Lod pour appeler les militants au calme, a déclaré que c’est la première fois que le gouvernement impose l’état d’urgence sur une communauté arabe depuis 1966. Il a lancé que si les protestations ne prennent pas fin immédiatement un couvre-feu sera également mis en place.

Yair Revivo, le maire de la municipalité de Lod, dont 21% des habitants sont des Arabes disposant de la nationalité israélienne, a martelé au Times of Israel : «Nous avons perdu le contrôle de la ville et des rues». Selon la même source, trois synagogues, de nombreux commerces et des dizaines de voitures ont été incendiés dans ladite ville. Revivo a également comparé la situation de la ville au «pogrom de la nuit de Cristal, en 1938». «Nous sommes au bord de la guerre civile», a-t-il déploré, notant que «des dizaines d’années de coexistence entre Juifs et Arabes dans cette ville mixte se sont effondrées» en moins d’une semaine.

Enfin, l’heure est grave. L’ampleur de cette dernière escalade entre Israël et la Palestine risque de compliquer et de freiner un quelconque retour au calme, mais aussi de compromettre le semblant de stabilité que connaissaient les deux parties ces dernières années. Affaire à suivre....

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