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Pourquoi le Maroc ne ferme-t-il pas ses frontières ?

Depuis l’apparition du nouveau coronavirus, les pays appliquent à des moments différents des restrictions de circulation, voire des fermetures de frontières. Après un premier été 2020 de déconfinement et de reprise pour certains des vols internationaux, la réouverture des frontières a suscité l’espoir d’une imminente sortie de crise. Toutefois, l’arrivée de nouveaux variants au Maroc a poussé les autorités à suspendre les liaisons aériennes avec une quarantaine de pays. Pourquoi ces suspensions ?

Par Khansaa Bahra, Publié le 14/04/2021, mis à jour le 14/04/2021          Temps de lecture 5 min.
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Aéroport déserté

Le Maroc ferme ses frontières aériennes avec la Tunisie. Le Royaume suspend à compter de ce jeudi 15 avril les vols en provenance et à destination du pays, se justifiant par les mesures préventives prises par le Maroc contre la propagation de la pandémie de la Covid-19. L’annonce en a été faite ce mardi soir par l’Office national des aéroports (ONDA). L’interruption de ces liaisons, qui concerne l’ensemble des vols à l’arrivée, au départ et au transit entre les aéroports marocains et tunisiens, se poursuivra «jusqu’à nouvel ordre», selon l’ONDA.

Lire aussi : Le Maroc suspend ses liaisons aériennes avec la Tunisie

Ainsi, la Tunisie rejoint la liste des 39 pays concernés par la suspension des liaisons aériennes imposée par le Maroc. En effet, depuis l’arrivée des variants brésilien et britannique en janvier et février 2021, le Royaume a limité certaines destinations. Ainsi, la nouvelle suspension des routes internationales s’ajoute à celles imposées au Mali, au Ghana, à la République démocratique du Congo, à la Guinée-Conakry, à la Libye, à l’Argentine, à la Bosnie-Herzégovine, au Botswana, au Cameroun, à la Croatie, au Mozambique, à la Pologne, à la Norvège, à la Finlande, à la Grèce, au Liban, au Koweït, à l’Algérie, à l’Égypte, à l’Italie, à la Belgique, à la Turquie, à la Suisse, à l’Allemagne, aux Pays-Bas, à l’Autriche, à la France, à l’Espagne, au Portugal, à la Suède, à l’Ukraine, à la République tchèque, à l’Australie, à l’Irlande, au Brésil, à la Nouvelle-Zélande, au Royaume-Uni, à l’Afrique du Sud et au Danemark.

 

Pourquoi ces fermetures ?

Ainsi, les suspensions des routes aériennes ne se font plus en ordre dispersé et semblent s’inscrire dans une tendance plus vaste. En effet, le Royaume ne cesse de rallonger le nombre de pays concernés par l’interruption des vols afin d’éviter la propagation de nouveaux variants plus contagieux de la Covid-19. Alors que le Maroc est en pleine campagne de vaccination massive, au moins 140 cas de personnes positives au variant britannique de la Covid-19 ont jusqu’ici été détectés. Ceci témoigne de la propagation rapide de cette souche du coronavirus, qui ne cesse d’augmenter jour après jour. Pire encore, le nombre réel des cas infectés par le variant britannique pourrait être nettement supérieur puisque de plus en plus de personnes contaminées ne se rendent plus dans les centres de soins, indique le quotidien arabophone Al-Ahdath Al-Maghribia dans son édition de ce mercredi 14 avril.

Ainsi, en raison de la propagation de cette souche, de nombreux experts marocains mettent en garde contre une troisième vague de la Covid-19 au Maroc, caractérisée par la rapidité de transmission du virus, sa force, sa virulence et son profil plus meurtrier. Ceci explique le recours du Royaume à des mesures restrictives pendant ce mois sacré ainsi que la suspension des routes internationales. D’autant plus que les pays concernés par les suspensions marocaines se trouvent dans une situation sanitaire problématique. À titre d’exemple, la Tunisie est en train de subir, de plein fouet, la troisième vague de la pandémie de la Covid-19. La situation épidémiologique dans le pays est dangereuse et les indicateurs relatifs à la propagation du virus connaissent une détérioration notable, avait indiqué la commission tunisienne de lutte contre le coronavirus, il y a une semaine.

Le Maroc n’est pas le seul pays à prendre une telle mesure. Malgré la levée progressive des restrictions nationales prises contre le coronavirus, peu d’États s’aventurent. De plus, l’arrivée des variants britannique, sud-africain et brésilien, début 2021, a poussé certains pays à réinstaurer le contrôle aux frontières ainsi qu’à exiger des tests et des quarantaines à l’entrée de leur territoire. En Europe, face à la menace des nouvelles souches, de nombreux pays ont réintroduit des contrôles aux frontières alors que plusieurs autres pays, notamment le Danemark et la Norvège ont refermé les leurs.

 

Pourquoi ne pas fermer les frontières ?

Le Maroc est en état d’urgence sanitaire depuis le 20 mars 2020, et ce, au moins jusqu’au 10 mai prochain. Dans ce cadre, aucun franchissement des frontières terrestres n’est possible, dans les deux sens hormis quelques exceptions notamment le transport de marchandises. Cela concerne notamment les points de passage frontaliers avec Sebta et Melilia, ainsi qu’avec la Mauritanie (Guerguerat). En ce qui concerne ses frontières aériennes et maritimes, le Maroc se permet de choisir les pays avec lesquels il fermera ses liaisons plutôt que de décréter une coupure de toutes les liaisons avec tous les pays. Cette décision a un double motif : lutter contre la propagation du coronavirus et ses variants tout en limitant les dégâts qu’une fermeture de frontières aurait sur l’économie, notamment le secteur du tourisme. En effet, dans ces conditions, l’activité des professionnels du tourisme se rapproche déjà du néant. Si le Maroc annonce une fermeture des frontières, ce secteur, qui est déjà en difficulté, peinera à relancer ses activités.

En adoptant ces mesures, le Maroc espère sauver sa saison d’été, en misant sur une baisse des cas d’infections d’ici la fin de ramadan. De plus, avec la disponibilité des vaccins et en supposant qu’un nombre important de la population soit vacciné rapidement, cet été pourrait bien être celui de la reprise.

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