Investissements et projets stratégiques : le secteur énergétique marocain en pleine redéfinition en 2026
Image d’illustration. © DR
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Le secteur énergétique du Maroc est en passe de connaître une mutation rapide et de grande ampleur en 2026, selon la plateforme spécialisée Attaqa. Ports profonds, usines de batteries à grande échelle, projets massifs d’hydrogène vert et premières mises en production gazières redessinent une chaîne de valeur qui va de la production à la fabrication et à la logistique. Ces dynamiques, stimulées par des capitaux publics et privés internationaux, visent à renforcer la sécurité d’approvisionnement, réduire l’empreinte carbone et positionner le Royaume comme une plateforme énergétique régionale.
Le chantier le plus visible est l’ouverture programmée du port de Nador West Med port, annoncée pour la fin de 2026. Présentée comme une deuxième façade méditerranéenne de grande profondeur comparable à Tanger Med, l’infrastructure mobilise des investissements publics et privés de plusieurs dizaines de milliards de dirhams et offrira, selon les autorités, une capacité initiale de plusieurs millions de conteneurs par an ainsi que d’importantes réserves de stockage d’hydrocarbures. Le projet inclut également l’infrastructure prévue pour accueillir un terminal d’importation de gaz naturel liquéfié (GNL) et d’autres installations logistiques liées à l’hydrogène et à l’industrie lourde.
Parallèlement, le volet hydrogène vert figure au cœur de la transformation industrielle planifiée. Le gouvernement a validé, lors d’une commission dédiée, plusieurs méga-projets d’hydrogène vert représentant un montant cumulé d’environ 319 milliards de dirhams (environ 32,5 milliards de dollars). Ces initiatives, localisées principalement dans les régions du Sud, associent consortiums internationaux et acteurs locaux pour produire non seulement de l’hydrogène, mais aussi des dérivés industriels (ammoniac, carburants synthétiques, acier « vert ») destinés à l’export, notamment vers l’Europe. Les accords approuvés ont permis la sélection de groupes et alliances impliquant entreprises nord-américaines, européennes, chinoises et du Golfe.
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Presque 50% de renouvelables dans le mix électrique
L’industrialisation de la chaîne de valeur électrique avance elle aussi à grands pas. La construction d’une gigafactory de batteries à Kénitra sous pilotage d’un constructeur chinois de cellules a été annoncée comme la première du genre en Afrique et au Moyen-Orient. L’usine, planifiée pour démarrer à une capacité initiale d’environ 20 GWh/an puis monter jusqu’à 100 GWh/an, représente un investissement de l’ordre de 5,6 milliards de dollars et vise prioritairement les marchés européens ainsi que l’intégration avec l’industrie automobile locale. Ce projet devrait générer plusieurs milliers d’emplois directs et contribuer à ancrer en local des maillons de la chaîne (assemblage, recyclage, services).
Sur le volet gazier, le champ de Tendrara progresse vers une phase commerciale après des tests pilotes menés fin 2025. Les opérateurs impliqués ont confirmé la mise en production initiale et le raccordement progressif des puits au système de collecte, une étape qualifiée d’« expérimentation stratégique » pour l’économie nationale : il s’agit moins d’exporter massivement que de diversifier l’offre intérieure, d’alimenter des zones industrielles isolées et d’accroître la résilience des approvisionnements.
Ces développements s’inscrivent dans une trajectoire de déploiement des énergies renouvelables déjà tangible. Selon les comptes présentés par le ministère, la part des renouvelables dans le mix électrique a dépassé les 45-46% début 2025, et l’objectif officiel reste fixé à 52% de capacité installée d’ici 2030. Le ministère a en outre autorisé, au cours de l’exercice récent, plus d’une cinquantaine de projets renouvelables totalisant plusieurs gigawatts de capacité additionnelle, signe d’un pipeline soutenu d’investissements.
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Vers une plateforme régionale… mais pas sans défis
La combinaison entre renouvelables, hydrogène, industrie de batteries et hubs portuaires dessine un modèle où le Maroc pourrait capter une part significative des chaînes de valeur européennes et africaines, attirer des flux d’IDE et favoriser la création d’emplois industriels, selon le rapport d’Attaqa. L’ouverture du port de Nador West Med port et la disponibilité d’infrastructures logistiques ad hoc sont centrales à cette stratégie.
Pour autant, plusieurs incertitudes persistent, dont la dépendance aux capitaux étrangers, la complexité des négociations commerciales (partage des risques et retombées industrielles), la nécessité d’accélérer les investissements réseau pour absorber la variabilité des renouvelables, et la question de la gouvernance et du cadre réglementaire pour sécuriser les grandes opérations, y compris sur le plan environnemental et social. Des signaux récents illustrent ces fragilités, à savoir la suspension temporaire de certains appels d’offres liés à des infrastructures gazières, montrant que l’architecture institutionnelle et les paramètres macro-économiques restent sujets à révision.
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