Ingénierie : gestion chaotique du Concours national commun ?

Mbaye Gueye
Temps de lecture :

Education : gestion chaotique du Concours national commun (CNC) 2025La troisième édition des prix papillon AIEM © DR

A
A
A
A
A

Le Concours national commun (CNC) 2025 est au cœur d’une vive polémique après la décision de l’École Mohammadia d’Ingénieurs (EMI) d’annuler les transferts, révélée seulement après la publication des résultats. Accusée de « fraude académique », cette mesure a provoqué l’indignation des candidats, qui dénoncent une atteinte à l’égalité des chances. Parallèlement, la Coordination nationale des élèves ingénieurs (CNEI) signale une série de dysfonctionnements et interpelle les ministères concernés pour exiger transparence et justice.

Certains candidats au Concours national commun (CNC) 2025 sont très remontés contre la décision de l’École Mohammadia d’Ingénieurs (EMI) d’annuler les transferts et de se limiter aux premières affectations. Cette mesure, qui aurait été prise dans la plus grande discrétion et révélée seulement après la publication des résultats, suscite des accusations de « fraude académique ».

Selon un mail qui nous est parvenu, aucune communication n’a été faite après la publication des résultats du Concours national commun (CNC) 2025. Or, selon la même source, tous les candidats auraient participé aux épreuves et aux sélections sur la base d’un système connu et appliqué depuis des années, incluant la possibilité de transferts. « Changer les règles après le jeu revient à voler nos droits », s’indignent plusieurs lauréats, qui parlent d’une manipulation délibérée.

Lire aussiPrix Papillon AIEM : l’école Mohammadia d’Ingénieurs récompense l’excellence en ingénierie

Cette opacité a laissé des centaines d’étudiants piégés dans des spécialités qui ne correspondent ni à leurs aspirations ni à leurs projets professionnels. « Il ne s’agit pas d’un simple ajustement administratif, mais d’une tromperie caractérisée », dénoncent les étudiants concernés. Selon eux, cette décision prive des dizaines de candidats de la possibilité d’intégrer des écoles mieux adaptées à leurs ambitions et bloque d’autres dans des spécialités qui ne correspondent ni à leurs compétences ni à leurs projets futurs.

Une atteinte à l’égalité des chances

Ces derniers estiment que les responsables de l’EMI auraient eu connaissance de cette orientation bien avant les examens, mais qu’ils ont choisi de la garder secrète pour éviter les remous. « Ce n’est pas une maladresse administrative, mais une trahison de la confiance des étudiants », souligne le mail reçu par notre rédaction.

Au-delà de l’aspect technique, c’est un principe fondamental qui est remis en cause : celui de l’égalité des chances. Dans un système de concours réputé pour sa rigueur et sa transparence, une telle opacité constitue une entorse majeure. Les étudiants dénoncent « une fraude académique flagrante » et redoutent un dangereux précédent : « si l’EMI peut agir ainsi aujourd’hui, qu’est-ce qui empêcherait d’autres établissements de modifier demain, en toute discrétion, les règles établies ? », s’interrogent-ils.

Enquête – ENCG Casablanca : à qui profite le vide ?

La colère est donc palpable. Les étudiants réclament l’ouverture d’une enquête indépendante et transparente afin de déterminer les responsabilités et de restaurer la confiance dans le CNC. Ils rappellent que cette affaire dépasse la seule promotion 2025 : elle touche à la crédibilité de tout un système de sélection nationale.

La CNEI saisie le ministère de l’Enseignement supérieur

Mais cette gestion chaotique du Concours national commun (CNC) 2025 n’a pas laissé indifférente la Coordination nationale des élèves ingénieurs (CNEI), qui tire la sonnette d’alarme. Selon elle, le concours a été marqué par de multiples ratés. Dans ce sens, elle a saisi les ministres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur par une correspondance dénonçant une série d’irrégularités portant atteinte au principe d’égalité des chances.

Parmi les griefs soulevés figurent l’envoi tardif des convocations aux épreuves orales, seulement deux jours avant la date prévue, ainsi que la modification de certains centres d’examen à la dernière minute, provoquant indignation et désorganisation. Autre sujet sensible : le chevauchement des épreuves organisées au Maroc avec celles prévues en France, pénalisant ainsi les candidats inscrits aux deux dispositifs.

Lire aussi : Prévention, résilience, IA : les priorités du Morocco Medical Expo 2025

La CNEI relève également de graves lenteurs dans la validation des paiements des frais d’inscription, malgré des prélèvements effectués dans les délais. Plusieurs étudiants ont ainsi été contraints de se déplacer dans des conditions éprouvantes, sans bénéficier de prolongations.

Face à cette situation, la coordination réclame la publication d’un communiqué officiel pour clarifier les causes de ces dysfonctionnements, la régularisation immédiate des dossiers, ainsi que le droit pour les candidats de consulter leurs copies. Elle propose également le report de la deuxième mobilité et l’instauration d’une troisième, afin d’élargir les opportunités d’affectation.

La rédaction de LeBrief a contacté, à plusieurs reprises, l’École Mohammadia d’Ingénieurs (EMI) sans obtenir de réponse.

Dernier articles
Les articles les plus lu
Adieu l’ami. Adieu l’artiste

Société-On essaye d’écrire sur lui et on se rend compte que rien ne sera à la hauteur de son talent. Un seul de ses traits valait tous nos mots.

Sabrina El Faiz - 9 janvier 2026
Usurpation d’identité à Marrakech : un individu interpellé pour escroquerie

Société - Un homme à Marrakech a été arrêté pour avoir prétendu être Procureur et extorqué 5.000 dirhams. L’enquête a conduit à la saisie de cachets, dossiers et près de 5 millions de dirhams, révélant un réseau organisé d’usurpation d’identité.

Ilyasse Rhamir - 9 janvier 2026
CAN 2025 : plus de 150 infractions enregistrées dans les stades jusqu’au 6 janvier

Société - Accès frauduleux, revente de billets et troubles à l’ordre public : les bureaux judiciaires déployés dans les stades de la CAN 2025 passent à l’action.

Hajar Toufik - 9 janvier 2026
Rabat-Salé : nouvelles mesures pour fluidifier l’accès à l’aéroport

Société - À Rabat-Salé, l’ONDA accélère le déploiement de nouvelles solutions de transport afin d'offrir aux voyageurs un parcours plus fluide.

Hajar Toufik - 8 janvier 2026
Une vague de froid frappe plusieurs provinces du Royaume ce week-end

Société - Une vague de froid intense est attendue ce week-end dans plusieurs provinces marocaines, avec des températures pouvant descendre jusqu’à -8°C, avertit la DGM.

Rédaction LeBrief - 8 janvier 2026
Les barrages marocains regagnent en capacité grâce aux fortes pluies

Après plusieurs années marquées par la sécheresse, la situation hydrique au Maroc montre des signes encourageants. Au 7 janvier 2026, le taux de remplissage global…

Wissal Bendardka - 8 janvier 2026
Voir plus
Manifestations de la « GenZ 212 » : 60 personnalités marocaines exhortent le Roi à engager des réformes profondes

Société - Soixante figures marocaines appellent le roi Mohammed VI à lancer des réformes profondes en phase avec les revendications de la jeunesse.

Hajar Toufik - 8 octobre 2025
Travaux : les Casablancais n’en peuvent plus !

Dossier - Des piétons qui traversent d’un trottoir à l’autre, des voitures qui zigzaguent… À croire que les Casablancais vivent dans un jeu vidéo, sans bouton pause.

Sabrina El Faiz - 12 avril 2025
Manifestations de la « GenZ 212 » : appel à boycotter les entreprises liées à Akhannouch

Société - Les manifestations de la « GenZ 212 », poursuivent leur mobilisation à travers un appel au boycott des entreprises liées à Aziz Akhannouch.

Ilyasse Rhamir - 7 octobre 2025
Mariages marocains : l’amour au prix fort

Société - Au Maroc, on peut rater son permis de conduire, son bac… Mais rater son mariage ? Inenvisageable !

Sabrina El Faiz - 23 août 2025
La classe moyenne marocaine existe-t-elle encore ?

Dossier - Au Maroc, pour définir le terme classe moyenne, nous parlons de revenus. Cela ne veut pourtant plus rien dire.

Sabrina El Faiz - 5 juillet 2025
Le Maroc des voisins qu’on n’a pas choisis

Dossier - Les voisins ont bien changé. Les balcons étaient les réseaux sociaux d’antan. On y partageait les breaking news du quartier et les hommes étaient aussi bien surveillés que les enfants !

Sabrina El Faiz - 12 juillet 2025
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire