HCP : une croissance solide face à une inflation en recul

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Les signaux économiques du Maroc au deuxième trimestre 2025Image d'illustration © DR

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Au premier trimestre 2024, l’économie nationale a révélé des signes positifs, manifestant une croissance de 2,9%. Cette augmentation reflète le dynamisme et la robustesse de l’économie, principalement attribuables aux secteurs manufacturiers et des services. Cette vigueur s’est traduite par une production accrue, une exportation en hausse et la création d’emplois, contribuant ainsi à la croissance économique globale. Les détails.

Dans sa dernière note de conjoncture, le Haut-Commissariat au Plan (HCP) offre une perspective détaillée et analytique de l’économie nationale au premier trimestre de 2024. La publication révèle une analyse des différents secteurs économiques, mettant en lumière les facteurs de croissance, les défis rencontrés et les tendances émergentes. En outre, la note met en exergue l’évolution de l’inflation et évalue les tendances et les prévisions pour le deuxième trimestre de 2024.

Lire aussi : Bank Al-Maghrib: taux directeur à 3% pour une croissance maîtrisée

Des prévisions optimistes pour le T-2 2024

Au deuxième trimestre 2024, l’économie nationale devrait afficher une croissance de 2,7%, fait savoir le Haut-Commissariat au Plan (HCP) dans une note de conjoncture. Cette performance représente une amélioration par rapport au taux de croissance de 2,3% enregistré un an plus tôt.

Bien que l’économie ait progressé de 2,9% au premier trimestre 2024, le secteur agricole a connu un ralentissement. Celui-ci a accusé d’une baisse de 4,1% de sa valeur ajoutée. Néanmoins, cette décélération a été contrebalancée par la bonne tenue des secteurs secondaires et la consolidation des services. Ce qui témoigne de la résilience de l’économie nationale.

La note du HCP indique que la croissance économique a été soutenue par une augmentation de la valeur ajoutée hors agriculture, qui a progressé de 3,7% en glissement annuel. Ce dynamisme s’est reflété dans le secteur des exportations, notamment grâce à l’excellente performance des industries automobile, aéronautique, et électrique. Les exportations de phosphates et dérivés ont également contribué positivement, profitant d’un regain de demande internationale. Ces évolutions ont permis un léger repli des importations, principalement en raison de la baisse des prix des matières premières brutes, et ont légèrement atténué le déficit de la balance commerciale des biens.

Lire aussi : HCP : la croissance à 4,1% au T-4 2023

Du côté de la demande intérieure, une reprise a été constatée au premier trimestre 2024, avec une contribution de 6,7 points à la croissance économique. La consommation des ménages a augmenté de 2,7%. Celle-ci est soutenue par les dépenses accrues durant et avant le mois de Ramadan, ainsi que par une amélioration du pouvoir d’achat due à la diminution de l’inflation. Les produits alimentaires et les biens de consommation importés ont été particulièrement favorisés. Les appréciations des commerçants sur leurs ventes ont, pour leur part, montré une tendance positive, renforçant ainsi la dynamique de la consommation interne.

En termes d’investissement, une tendance à la hausse continue a été observée, avec une augmentation de la formation brute du capital fixe de 17,3% au premier trimestre 2024. Les entreprises ont bénéficié d’une amélioration de leurs marges, conséquence de l’inflation de la fin de 2023. Celles-ci ont, également, accru leur recours au crédit bancaire pour financer leurs investissements. Cette dynamique d’investissement a été particulièrement marquée dans le secteur de la construction, stimulée par les projets d’infrastructure en préparation de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 et les efforts de reconstruction post-séisme.

L’Inflation atteint son niveau le plus bas en trois ans

L’inflation a continué de ralentir au premier trimestre de 2024, atteignant son niveau le plus bas depuis près de trois ans. L’indice des prix à la consommation a augmenté de seulement 1,1% sur une base annuelle, représentant une baisse de 2,7 points par rapport au trimestre précédent. Cette détente notable des prix a été principalement influencée par le ralentissement des prix des produits alimentaires. Ceux-ci n’ont augmenté que de 1,4% sur un an, marquant ainsi une décélération par rapport à la hausse de 7,7% enregistrée auparavant. Les produits non-alimentaires ont également connu une hausse modérée. Ils ont connu une augmentation de 0,9% sur un an.

Selon le HCP, le recul de l’inflation a été particulièrement visible dans le secteur alimentaire. Ce qui a été d’ailleurs un facteur clé de la baisse générale des prix. Les produits frais, notamment les légumes frais et les agrumes, ont vu leurs prix diminuer, contribuant à une réduction de 0,6 point de l’inflation totale. Cette diminution est due à l’accroissement de l’offre sur le marché, résultant de l’alternance des cycles de production et d’une augmentation des importations. En outre, la baisse des prix internationaux des produits de base, comme les céréales et les huiles de table, a contribué au ralentissement continu de l’inflation dans le segment hors produits frais.

Du côté des produits non-alimentaires, les prix ont également ralenti, en particulier dans le secteur manufacturé où l’augmentation a été limitée à 0,6%, contre 1,6% au trimestre précédent. Les services ont vu une légère décélération avec une hausse des prix de 1,1%, après 1,2% précédemment. Ce ralentissement a été particulièrement influencé par la réduction des prix des produits pharmaceutiques en janvier, suite à la diminution de la TVA sur ces produits, contribuant à un ajustement à la baisse de l’inflation globale. Cependant, les prix de l’énergie sont restés stables, avec une variation quasi nulle, contrastant avec le repli observé lors du trimestre précédent.

Quid de l’économie mondiale ?

En ce début d’année 2024, l’économie mondiale a connu des niveaux de croissance variables selon les régions. Aux États-Unis, l’activité économique a progressé de 2,8%, légèrement en baisse par rapport au trimestre précédent, principalement à cause d’un ralentissement de la consommation privée et d’un repli des investissements dans le secteur résidentiel. En Europe, la croissance a ralenti à 0,3%, montrant un écart persistant entre les nations : l’Espagne et l’Italie ont continué à profiter de leurs programmes de relance, tandis que la France et l’Allemagne ont été freinées par une faible production industrielle et un essoufflement des investissements immobiliers.

Dans les économies émergentes, l’Asie du Sud et le Moyen-Orient ont démontré une dynamique de croissance plus forte, avec l’Inde bénéficiant particulièrement d’investissements publics importants dans les infrastructures. En Chine, la croissance a ralenti à 4,1%, affectée par des défis financiers et un endettement accru. L’inflation a continué de ralentir dans les économies avancées, bien que l’inflation sous-jacente, en particulier dans les services, ait montré une baisse plus lente.

Globalement, le commerce mondial des marchandises a connu une légère reprise au premier trimestre de 2024, aidé par la demande accrue des économies émergentes et une amélioration des commandes à l’exportation selon le dernier baromètre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

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