GITEX Africa 2026 : pourquoi envoyer de l’argent en Afrique reste un défi ?
Photo prise lors du panel The next 5 years what will Africa’s money stack look like © Ayoub Jouadi / LeBrief
A
A
A
A
« Envoyer de l’argent de Casablanca à Nairobi reste parfois plus compliqué qu’un virement vers l’Europe. » Le constat, posé dès l’ouverture du panel « The next 5 years : what will Africa’s money stack look like ? », résume à lui seul les contradictions du continent.
Alors que l’Afrique se veut de plus en plus intégrée économiquement, ses systèmes de paiement demeurent fragmentés. Face à ce paradoxe, Halima Zahzah (Plug and Play Morocco), Sharon Welang (Onafriq) et Zineb Megzari (BMCE Capital) ont tenté de répondre à une question centrale : à quoi ressemblera l’infrastructure financière africaine dans les cinq prochaines années ?
Lire aussi : GITEX Africa 2026 : pourquoi l’Europe mise de plus en plus sur le Maroc et l’Afrique ?
Une Afrique connectée… mais encore fragmentée
Malgré les avancées du mobile money et des fintechs, le continent reste marqué par une forte segmentation de ses systèmes financiers. Chaque pays, parfois chaque opérateur, fonctionne encore selon ses propres règles.
Sharon Welang, forte de son expérience dans le mobile money depuis 2008, rappelle que la question n’est plus seulement technique. Si la connectivité entre réseaux s’est améliorée, l’interopérabilité réelle reste un chantier inachevé.
Aujourd’hui, des acteurs comme Onafriq tentent de combler ce fossé en connectant banques, opérateurs télécoms et plateformes de transfert. Présente dans plus de 40 pays, l’entreprise incarne cette ambition de créer un réseau panafricain des paiements.
Mais connecter les systèmes ne suffit pas. « Sans confiance des utilisateurs et sans cadre réglementaire adapté, il n’y a pas de véritable marché », insiste-t-elle. Autrement dit, la technologie seule ne peut résoudre un problème profondément structurel.
GITEX Africa 2026 : avantage local ou puissance globale, qui gagnera le marché africain ?
L’utilisateur africain impose ses règles
L’un des tournants majeurs évoqués lors du panel concerne l’évolution des usages.
Le nouvel utilisateur africain, plus jeune et plus connecté, refuse désormais la complexité. Multiplier les applications ou les plateformes n’est plus acceptable. Il attend des solutions simples, rapides et intégrées.
Cette transformation pousse l’écosystème vers ce que certains décrivent comme un « super système financier », capable de centraliser plusieurs services :
• Paiements
• Crédit
• Epargne
• Assurance
L’objectif est d’offrir une expérience fluide, inspirée des super apps asiatiques, où tout est accessible depuis une seule interface.
Cette exigence de simplicité redéfinit les priorités des acteurs du secteur. L’enjeu n’est plus seulement d’innover, mais de rendre l’innovation invisible pour l’utilisateur.
Le rôle décisif et ambivalent des régulateurs
Autre point central : l’importance croissante des régulateurs dans la transformation du secteur.
Longtemps perçus comme un frein, ces derniers deviennent progressivement des partenaires incontournables. Leur rôle est double :
• Sécuriser les transactions
• Permettre l’ouverture des marchés
Selon Sharon Welang, les choses ont évolué ces dernières années. Les régulateurs sont aujourd’hui plus impliqués et mieux informés des enjeux technologiques. Cette montée en compétence facilite la création de corridors de paiement entre pays.
Mais le défi reste de taille : harmoniser les réglementations à l’échelle continentale. Sans cela, les initiatives d’interconnexion risquent de se heurter à des blocages administratifs.
GITEX Africa 2026 : derrière le networking, des deals qui prennent forme
Banques et fintechs : de la concurrence à la complémentarité
Le panel a également mis en lumière une transformation profonde des rapports entre banques traditionnelles et fintechs.
Longtemps opposées, ces deux catégories d’acteurs semblent désormais converger. Les fintechs apportent agilité, innovation et rapidité d’exécution. Les banques, elles, conservent des atouts majeurs :
• La confiance
• L’infrastructure
• La base clients
Pour Zineb Megzari, cette complémentarité est essentielle. « Les deux doivent travailler ensemble pour atteindre les objectifs du système financier », résume-t-elle en substance.
Cette collaboration apparaît comme une condition clé pour construire un écosystème robuste, capable de répondre aux besoins du marché tout en garantissant stabilité et sécurité.
GITEX Africa 2026 : et si la diaspora devenait la clé du développement du continent ?
Construire un système à la fois inclusif et scalable
Au-delà des enjeux technologiques et institutionnels, un objectif reste central : l’inclusion financière.
L’Afrique compte encore une large population non bancarisée. Le défi est donc de construire un système capable d’intégrer ces millions d’utilisateurs tout en restant performant à grande échelle.
Les solutions devront être :
• Accessibles
• Interopérables
• Adaptées aux réalités locales
Dans ce contexte, le mobile money reste un levier majeur, mais il devra évoluer pour s’intégrer dans un écosystème plus large, connecté aux banques et aux services financiers classiques.
Un futur encore en construction
Au final, le « money stack » africain de demain ne sera ni entièrement technologique, ni uniquement institutionnel. Il reposera sur un équilibre complexe entre innovation, régulation et expérience utilisateur.
Si les avancées sont réelles, le chemin reste encore long pour atteindre une véritable intégration financière continentale.
Mais une chose est sûre : la prochaine révolution des paiements en Afrique ne se jouera pas uniquement dans les infrastructures, mais dans la capacité à simplifier la vie des utilisateurs.
Économie-Programme Forsa : les bénéficiaires du report d’échéances ont jusqu’au 30 avril 2026 pour signer leur avenant. Voici l’essentiel à retenir.
Rédaction LeBrief - 10 avril 2026Économie - Le CRI TTA valide ses performances 2025 : 80 MMDH d’investissements et 57.000 emplois prévus.
El Mehdi El Azhary - 10 avril 2026Économie - Malgré la polémique autour de la finale de la CAN 2025, les exposants sénégalais présents à GITEX Africa 2026 décrivent une ambiance sereine et chaleureuse. Sur le salon, les échanges restent cordiaux, loin des tensions sportives.
Ilyasse Rhamir - 10 avril 2026Économie - Si GITEX Africa 2026 séduit par son dynamisme, les exposants pointent aussi des axes d’amélioration. Organisation, diversité des visiteurs et présence internationale : les coulisses du salon révèlent les défis d’un événement en pleine croissance.
Ilyasse Rhamir - 10 avril 2026Économie - À GITEX Africa 2026, startups africaines et entreprises internationales dévoilent deux stratégies pour conquérir le continent.
Ilyasse Rhamir - 10 avril 2026La DGSN et l’AMDIE signent un accord pour renforcer l’environnement de l’investissement au Maroc. Découvrez les deux axes de ce partenariat.
Rédaction LeBrief - 9 avril 2026Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.
Sabrina El Faiz - 14 mars 2026Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !
Sabrina El Faiz - 7 mars 2026Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.
Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.
Rédaction LeBrief - 13 mars 2026Dossier - Entre les délais interminables, les coûts exorbitants et les parcours semés d’embûches, obtenir un visa Schengen c’est devenu…
Sabrina El Faiz - 26 juillet 2025Économie - Le Maroc lance l’extension de sa LGV vers Marrakech, un projet structurant qui transformera durablement la mobilité, l’économie et la connectivité entre les grandes villes.
Hajar Toufik - 25 avril 2025