Temps de lecture : 4 minutes

Accueil / Économie / Fraises marocaines : comment l’UE s’est prise à son propre jeu

Fraises marocaines : comment l’UE s’est prise à son propre jeu

Temps de lecture : 4 minutes

Gros plan

Temps de lecture : 4 minutes

Les agriculteurs espagnols et français auront tout essayé pour mettre un frein aux ventes des fruits et légumes en provenance du Maroc. La disruption ne fonctionnant pas, certains en sont même arrivés aux mains. Et pourtant… Selon une étude espagnole, les fraises marocaines, souvent sujettes à de nombreuses alertes sanitaires dans l’Union européenne, le sont quatre fois moins que leurs consœurs espagnoles… À méditer.

Temps de lecture : 4 minutes

Les fraises marocaines suscitent une méfiance chez les consommateurs espagnols, alimentée par la désinformation et les préoccupations sanitaires. Cette stigmatisation est souvent associée à une perception erronée, selon laquelle les produits marocains seraient moins sûrs ou concurrentiels que les produits nationaux. Les importations de fruits et légumes du Maroc dans l’Union européenne ne datent pourtant pas d’hier.

L’accord commercial entre l’UE et le Maroc remonte à 2012, marquant une étape significative dans les échanges agricoles et de pêche entre les deux parties. Les préoccupations sanitaires et les récits négatifs sur l’agriculture marocaine sont souvent amplifiés et déformés, contribuant à une perception erronée de la qualité et de la sécurité des produits marocains. Cependant, les alertes sanitaires sur les produits marocains ne sont ni plus fréquentes ni plus graves que celles d’autres pays, et les normes sanitaires de l’UE régissent les importations pour garantir la sécurité alimentaire. C’est ce qui ressort d’une analyse du journal espagnol El Diario.

Lire aussi : Fraises : aucun ralentissement des exportations n’est à prévoir

Actuellement, le Maroc est au centre des discussions pour plusieurs raisons. Bartolomé Ramírez, de la coopérative Las Virtudes, attribue cette attention accrue au tumulte dans le secteur agricole. Lui et d’autres membres de sa coopérative ont participé aux manifestations de février, réclamant notamment une réduction de la bureaucratie. Depuis ces manifestations, des changements sont intervenus. Malgré cela, les dirigeants de la coopérative et les associations agricoles estiment que ces mesures restent insuffisantes, d’où la persistance des revendications exprimées lors des manifestations en prévision des élections européennes.

Des alertes sanitaires beaucoup moins nombreuses pour le Maroc

Sur les marchés espagnols, les alertes sanitaires survenues en mars 2024 provoquent la crainte chez les consommateurs. Elles ne sont pourtant pas plus nombreuses que celles d’autres pays. Mais la communication autour, amplifie l’effet. Bien que le premier lot contaminé n’ait jamais atteint les marchés et que la seconde alerte ait été levée quelques semaines plus tard, l’incident a semé la panique parmi la population.

En dépit de ces événements, il est intéressant de noter que les alertes sanitaires en provenance du Maroc demeurent relativement limitées.

Le Système d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF) de l’UE a signalé seulement six alertes depuis le début de 2024, comparé à quinze à la même période en 2021. De plus, la plupart de ces alertes marocaines sont classées comme « légères », avec seulement 36 % jugées graves, un taux bien inférieur à celui des aliments français, qui affichent un taux de 70 % pour les alertes graves. Ces notifications du RASFF sont principalement destinées aux autorités pour prendre des mesures, plutôt qu’aux consommateurs finaux.

L’indignation des agriculteurs espagnols entraîne une propagation de récits trompeurs au sein de la population. Suite à la première alerte sanitaire concernant l’hépatite A dans les fraises marocaines, des désinformations ont circulé, suggérant la présence courante de substances dangereuses dans les produits en provenance du Maroc.

2 euros de trop sur l’étiquette

Comme nous l’avions abordé dans notre article « Agriculteurs français : verts de jalousie, ou rouges de fureur ? », les fruits et légumes marocains sont vendus à un prix plus attractif que ceux imposés par les agriculteurs locaux.

Idem pour les fraises. Des fraises espagnoles coûtent 3 euros, contre 1 euro le kilo pour les Marocaines. C’est même moins cher qu’au Maroc à certains moments ! Ce qui arrange certains commerces, comme les restaurants, qui doivent en servir généreusement dans leurs plats.

Lire aussi : Comment le Maroc déstabilise la tomate espagnole

Pour contrer cela, des revendeurs (entreprises ou marchés) ont recours à des stratagèmes pour cacher l’origine du produit. En modifiant le packaging, par exemple, ou en collant un sticker sur la provenance du fruit ou légume. L’on sait qu’en 2020 la Junta de Andalucia enquêtait sur six entreprises qui avaient recours à ces pratiques. Ce qui risque de détourner complètement les Espagnols des fruits et légumes, s’ils doutent des étiquettes étrangères, et de celles de leur pays même. A contrario, une campagne de communication pour rétablir la vérité serait plus avisée.

Laissez-nous vos commentaires

Temps de lecture : 4 minutes

La newsletter qui vous briefe en 5 min

Chaque jour, recevez l’essentiel de l’information pour ne rien rater de l’actualité

Et sur nos réseaux sociaux :

Fraises

Akkan : épopée de la première plateforme de crowdfunding marocaine (Interview)

En septembre 2023, la Banque centrale et l'Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) ont publié des textes réglementaires pour encadr…
Fraises

Voyage au Maroc : les avertissements des Affaires étrangères espagnoles

Voyager au Maroc, comme dans tout autre pays, comporte des risques, des surprises, bonnes ou mauvaises, auxquelles il vaut mieux se préparer…
Fraises

Banque mondiale : le Maroc face à un ralentissement économique en 2024

Alors que les prévisions économiques mondiales peinent à retrouver leur lustre d'antan, le Maroc se trouve à un carrefour important. Selon d…
Fraises

Transition digitale : que doit faire le Maroc ?

La pandémie de COVID-19 a accéléré la transition digitale, révélant l'importance cruciale de ce secteur dans la résilience économique et la …
Fraises

Emploi et investissement : Akhannouch défend son bilan

Cette séance a été l'occasion pour le chef du gouvernement de justifier les choix d'investissement effectués. Il a présenté les divers plans…
Fraises

Gotion High-Tech au Maroc : la révolution Gigafactory

C’était le 6 juin dernier. La cérémonie de signature officielle de la convention d'investissement stratégique pour la construction d'une usi…
Fraises

Casablanca : le prince héritier Moulay El Hassan lance la construction de la station de dessalement

Le prince héritier Moulay El Hassan a procédé, lundi à la Commune Lamharza Essahel, dans la province d’El Jadida, au lancement des travaux d…
Fraises

Capital Investissement : un record de 3 milliards de DH en 2023

En 2023, les levées de fonds ont atteint un montant historique de 3 milliards de dirhams, mobilisés pour l'investissement au Maroc. Ce recor…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire