Zambie : Les créanciers privés appelés à la rescousse

Temps de lecture :
LusakaVue aérienne de Lusaka, capitale de la Zambie © DR
A A A A A

Suite aux négociations entre le pays et ses principaux créanciers extérieurs, Lusaka bénéficie, depuis début septembre, d’une facilité élargie de crédit (ECF) octroyée par le FMI. Mais, pour rendre la dette viable, il est essentiel que les créanciers privés, en particulier les détenteurs d’eurobonds s’engagent pleinement, plaident des économistes.

En acquérant des titres souverains, les investisseurs achètent aussi la sécurité. Mais, le risque zéro n’existe pas. La Zambie en donne la preuve, le pays ayant fait défaut sur sa dette souveraine en pleine crise du coronavirus. Depuis, la Zambie ne rembourse plus que ses prêts multilatéraux. À fin 2021, le montant des arriérés d’intérêts s’élevait à 810 millions de dollars.

Lire aussi : Dette africaine : les alertes se multiplient

 

Restructurer la dette

Depuis le début du mois, Lusaka bénéficie d’une facilité élargie de crédit (ECF) octroyée par le FMI. D’une durée de trois ans, le programme porte sur un total de 1,3 milliard de dollars avec un accès immédiat à 185 millions. Le déblocage de ce programme découle des négociations entre la Zambie et ses principaux créanciers extérieurs sur la restructuration de sa dette. Pour certains économistes, il est impératif que les créanciers privés, en particulier les détenteurs d’eurobonds, acceptent de s’engager pleinement dans une restructuration de la dette à grande échelle, y compris des décotes importantes, afin de la rendre viable. Aux 3 milliards de dollars d’eurobonds s’ajoutent 336 millions de dollars d’arriérés d’intérêts à fin 2021. Totalisant 17 milliards de dollars à fin 2021, la dette extérieure est principalement composée de prêts contractés auprès de créanciers chinois (37% – souverains ou commerciaux – Exim China, China Development Bank, Industrial and Commercial Bank of China, etc.), de trois Eurobonds pour un montant total de 3 milliards de dollars (21%) et de financements multilatéraux (15%, en particulier de la Banque Mondiale et de la Banque Africaine de Développement – BAD).

Lire aussi : Europe/Énergie : dans le froid de l’hiver, des opportunités pour les producteurs africains

 

La fuite en avant

La pandémie est venue aggraver une crise de la dette en gestation depuis plusieurs années. L’accumulation des déficits – lié à la chute du rythme de croissance (3% en moyenne entre 2015 et 2019 contre 7% en moyenne les dix années précédentes) et une stratégie de développement des infrastructures tous azimuts – et la forte dépréciation du kwacha ont mené la dette publique zambienne sur une trajectoire insoutenable. Entre 2010 et 2021, la dette publique est passée de 19% à 107% du PIB. Elle a atteint un sommet de 131% du PIB en 2020. Plus de la moitié de la dette est libellée en devises, ce qui la rend extrêmement sensible à la conjoncture internationale.

Lire aussi : ZLECAf : l’essor du commerce transfrontalier nécessite la levée des barrières non tarifaires

Recommandé pour vous

RDC-Zambie : les limites du tout-rail pour le cuivre

Malgré les investissements dans les corridors ferroviaires, la RDC et la Zambie restent fortement dépendantes du transport routier pour leurs exportations de cuivre.

Dette : le FMI et la Banque mondiale réforment leur cadre d’évaluation des pays à faible revenu

Le FMI et la Banque mondiale réforment leur cadre d’analyse de la dette des pays pauvres, avec une meilleure prise en compte de la dette intérieure et des besoins de développement.

TV5 Monde : après le Maroc, la Côte d’Ivoire se rapproche de la gouvernance

La Côte d’Ivoire est en voie d’intégrer la gouvernance de la chaîne francophone internationale, TV5 Monde, après une première ouverture au Royaume du Maroc.

Rwanda : Kigali veut diversifier les financements de son développement

Le Rwanda adopte une stratégie de coopération jusqu’en 2050 pour diversifier ses financements, renforcer le rôle du privé et privilégier les projets structurants.

BAD : un plan de 5,1 milliards USD pour l’Afrique

La BAD mobilise 5,1 milliards de dollars pour aider les pays africains à faire face aux tensions sur l’énergie, les engrais et les denrées alimentaires.

Corde commune

Trois missions du FMI en quelques jours au Congo, au Gabon et au Cameroun. Le Fonds ne se déplace jamais pour le tourisme. Il vient compter.
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire