Travail forcé : quels sont les 7 pays africains visés ?

Temps de lecture :
1803 136748 7 pays africains vises par les etats unis dans une enquete mondiale sur le travail force MLes USA mènent une enquête sur le travail forcé dans le monde © DR
A A A A A

Les États-Unis ont intégré 7 pays africains à une enquête mondiale sur le travail forcé, selon des informations relayées par la presse américaine. Les pays concernés sont le Cameroun, la Côte d’Ivoire, la République démocratique du Congo, l’Ethiopie, le Ghana, la Guinée et le Mali. Cette procédure vise à examiner des secteurs et des chaînes d’approvisionnement soupçonnés d’avoir recours à une main-d’œuvre contrainte.

Cette initiative s’inscrit dans un dispositif plus large de surveillance du commerce international et des conditions de production. Pour les pays africains concernés, l’enjeu dépasse la seule relation avec Washington, il touche à l’accès aux marchés, à l’image des exportations et à la conformité avec les normes défendues à l’échelle mondiale par l’Union africaine, l’Organisation internationale du travail et plusieurs communautés économiques régionales.

Travail forcé : une enquête aux implications commerciales et régionales

L’enquête américaine porte sur des produits et filières susceptibles d’être liés à des formes de coercition au travail. Les autorités des pays cités peuvent être amenées à fournir des éléments de réponse, tandis que les entreprises exportatrices sont poussées à renforcer la traçabilité de leurs approvisionnements. Dans plusieurs économies africaines, ces secteurs concernent souvent l’agriculture, l’extraction minière ou la transformation primaire, des activités qui emploient une main-d’œuvre abondante et parfois informelle.

Lire aussi : Esclavage moderne : comprendre l’ampleur d’un fléau silencieux qui prospère partout

Le sujet est particulièrement sensible sur le continent, où de nombreux Etats cherchent à monter en gamme dans les chaînes de valeur tout en attirant davantage d’investissements. La Banque africaine de développement, l’Union africaine et des blocs comme la CEDEAO ou la CEMAC soutiennent depuis plusieurs années des réformes sur la gouvernance économique, la formalisation de l’emploi et la protection des travailleurs. Dans ce cadre, toute alerte sur le travail forcé peut fragiliser les efforts engagés pour améliorer la compétitivité des exportations africaines.

Au-delà des sept pays cités, cette procédure rappelle aussi une tendance plus large : les marchés internationaux imposent des exigences croissantes en matière sociale, environnementale et de diligence dans les chaînes d’approvisionnement. Pour les gouvernements africains, l’enjeu consiste à renforcer les inspections, mieux encadrer le recrutement de la main-d’œuvre et lutter contre les formes d’exploitation liées à la pauvreté, aux déplacements de populations ou à l’insécurité. A l’échelle panafricaine, ce dossier pourrait nourrir de nouvelles discussions sur l’harmonisation des normes de production dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine, afin de sécuriser les débouchés commerciaux et de protéger davantage les travailleurs.

Recommandé pour vous

Commerce intra-africain : 77 milliards de dollars en jeu

Afreximbank estime à plus de 77 milliards de dollars le potentiel du commerce intra-africain inexploité entre manufactures, minerais et machines. Les détails.

Kenya : une possible intoxication au cyanure tue 15 éléphants

Kenya : la mort de 15 éléphants dans le parc d'Amboseli serait liée à une intoxication au cyanure, probablement due à des pesticides utilisés sur des cultures voisines.

Nigeria : 308 otages secourus lors d’une opération sans précédent

Le Nigeria a libéré 308 otages lors d'une opération record, mais les enlèvements contre rançon continuent de menacer plusieurs régions du pays.

Ebola en RDC : l’OMS appelle à renforcer d’urgence les moyens

L’OMS réclame davantage de moyens pour contenir l’épidémie d’Ebola en RDC, qui compte 3.802 cas confirmés et 1.707 décès, principalement en Ituri et au Nord-Kivu.

Cyberattaques : pourquoi l’Afrique est-elle dans le viseur des pirates ?

Arnaques, rançongiciels, intelligence artificielle et fraudes en ligne se multiplient en Afrique, où la transformation numérique attire des cybercriminels toujours plus organisés.

Mauritanie : la Fondation Mohammed VI des Oulémas africains distingue les meilleurs manuscrits islamiques

La Fondation Mohammed VI des Oulémas africains a dévoilé en Mauritanie les lauréats de son concours dédié aux manuscrits et documents islamiques africains.
pub