Inflation à 4,1% : le Zimbabwe franchit un seuil clé pour sa réforme monétaire

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Coupure de la nouvelle monnaie zimbabwéenneCoupure de la nouvelle monnaie zimbabwéenne.© Dr
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Pour la première fois depuis 1997, le Zimbabwe enregistre une inflation annuelle à un seul chiffre, une évolution que les autorités présentent comme un jalon décisif avant l’éventuelle adoption d’une monnaie nationale adossée à l’or.

Le taux d’inflation en glissement annuel est tombé à 4,1% en janvier 2026, contre 15% en décembre 2025, a indiqué le ministère des Finances dans un communiqué publié le 26 janvier. Le gouvernement a salué ce recul comme le fruit d’une « discipline budgétaire stricte » et d’une coordination étroite entre l’exécutif et la Banque centrale depuis le lancement du Zimbabwe Gold (ZiG) en avril 2024.

Cette détente des prix intervient alors que Harare poursuit son objectif déclaré : faire du ZiG la seule devise en circulation d’ici 2030. Pour que ce calendrier devienne réaliste, la Banque centrale a fixé deux conditions préalables en 2025 : disposer de réserves de change suffisantes pour couvrir entre trois et six mois d’importations et maintenir l’inflation en dessous de 10%. Les autorités affirment que les réserves adossant le ZiG ont été renforcées, passant de quelques centaines de millions de dollars à environ 1,2 milliard de dollars fin 2025, ce qui, selon elles, consolide la crédibilité de la monnaie.

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Six devises depuis 2009

Les observateurs restent toutefois prudents. L’initiative ZiG constitue la sixième tentative de Harare, depuis 2009, de remplacer le dollar américain par une monnaie nationale, après des années d’hyperinflation qui avaient conduit à l’abandon du dollar zimbabwéen. Les expériences précédentes ont laissé une profonde méfiance parmi les entreprises et les ménages, tandis que des écarts importants persistent entre le marché officiel et le marché parallèle. Les institutions internationales ont également souligné la nécessité d’une plus grande transparence et d’un renforcement des réserves avant d’envisager un soutien plus poussé.

Le gouvernement attribue une part de la hausse des réserves aux recettes tirées du secteur minier et à des achats stratégiques d’or, mesures destinées à constituer la contrepartie en devises nécessaires au portefeuille du ZiG. Selon des rapports officiels, les entrées de devises ont été significatives en 2025, renforçant la capacité de la banque centrale à soutenir la nouvelle monnaie.

Pour que la transition vers une monnaie unique soit acceptée par les acteurs économiques, la confiance publique sera déterminante. Celle-ci dépendra non seulement de la solidité des réserves, mais aussi de la rigueur durable de la politique budgétaire, de la crédibilité des autorités monétaires et de la poursuite d’un cadre macroéconomique prévisible. Les défis restent nombreux : endettement extérieur élevé, arriérés avec certains créanciers multilatéraux et fragilités structurelles héritées de la crise agricole des années 1990, qui avaient précipité l’effondrement de la production et la déroute des finances publiques.

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