Les réserves d’or gagnent du terrain dans les banques centrales africaines
En Ouganda, la banque centrale a commencé la semaine dernière à acheter une partie de la production aurifère nationale afin d’intégrer le métal jaune à ses réserves d’or. Cette décision, annoncée en avril 2026, vise à réduire l’exposition du pays aux fluctuations des marchés internationaux tout en soutenant une filière minière locale davantage transformée sur place.
Le mouvement dépasse toutefois les frontières ougandaises. En Afrique subsaharienne, plusieurs pays producteurs, dont la République démocratique du Congo, le Ghana, la Tanzanie, le Kenya et le Burkina Faso, cherchent désormais à conserver une part plus importante de leur or au lieu de l’exporter intégralement. Dans un contexte d’incertitudes monétaires mondiales, cette orientation traduit la volonté de renforcer les réserves de change, de diversifier les actifs détenus par les banques centrales et de mieux capter la valeur créée par l’extraction.
Pourquoi les réserves d’or deviennent un levier stratégique en Afrique
En Ouganda, ce changement marque une évolution du rôle de la Banque centrale, longtemps cantonnée à la régulation monétaire. Le pays a lancé en mars 2026 un programme national sur l’or, adossé à des accords avec des raffineries locales, dont Eurogold comme structure principale et Felstein comme raffinerie secondaire. Pour fonctionner, ce type de dispositif suppose une chaîne complète : or tracé, raffiné localement, certifié selon des standards contrôlés et stocké dans des installations sécurisées. Sans ces conditions, l’achat domestique par une institution monétaire reste difficile à mettre en œuvre.
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D’autres États africains ont déjà avancé sur ce terrain. En République démocratique du Congo, la banque centrale a reçu récemment ses premiers lingots issus des mines nationales depuis dix ans. En Tanzanie, les compagnies exportatrices doivent réserver depuis 2024 près de 20% de leur production aux stocks nationaux. Au Ghana, un programme lancé il y a cinq ans a permis à l’or local de représenter environ un tiers des actifs aurifères détenus par la banque centrale. Ces choix s’inscrivent dans une tendance plus large de sécurisation financière, à l’heure où plusieurs économies du continent cherchent à limiter leur dépendance au dollar et aux actifs extérieurs plus volatils.