Commerce intra-africain : 208 milliards USD d’échanges en 2024
Le commerce intra-africain a atteint 208 milliards de dollars en 2024, selon des données relayées le 20 avril. A l’échelle du continent, cette progression confirme une amélioration graduelle des échanges entre pays africains, dans un contexte marqué par la mise en œuvre encore incomplète de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), portée par l’Union africaine.
Malgré cette hausse, la part des échanges entre économies africaines reste limitée, estimée entre 14% et 16% du commerce total du continent. Ce niveau demeure bien inférieur à celui observé dans d’autres régions du monde, ce qui souligne l’ampleur des obstacles persistants en matière de gouvernance, de réglementation, de logistique et d’infrastructures.
Commerce intra-africain : des avancées réelles, mais des freins encore nombreux
La progression enregistrée en 2024 s’explique par plusieurs facteurs, notamment une stabilité macroéconomique plus marquée dans plusieurs pays, une montée des investissements et des réformes engagées dans les domaines douanier, commercial et fiscal. Ces évolutions traduisent une volonté croissante d’ouverture des marchés nationaux, avec l’objectif de fluidifier la circulation des biens sur le continent.
Pour autant, les frontières économiques africaines restent largement intactes. La ZLECAf, entrée dans sa phase opérationnelle pour créer un marché continental unifié, se heurte encore à des écarts d’application entre États, à la faiblesse des réseaux de transport et à des procédures administratives qui ralentissent les échanges. Dans plusieurs espaces régionaux comme la CEDEAO, la CEMAC, la SADC ou la Communauté d’Afrique de l’Est, les ambitions d’intégration sont réelles, mais leur traduction concrète reste inégale selon les pays et les corridors commerciaux.