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Financement : les obstacles de l’épargne domestique

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Le resserrement des conditions de financement à l’international remet sur la table le débat sur la mobilisation de l’épargne intérieure. En moyenne, le taux d’épargne en Afrique subsaharienne se situe à 22% avec de fortes disparités selon les pays. Globalement, l’épargne domestique demeure insuffisante pour répondre aux importants besoins de financement de la région. Les obstacles sont à chercher entre autres dans la structure des systèmes financiers. Ceux-ci sont souvent peu développés et difficiles d’accès pour beaucoup d’agents.

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L’inflation était attendue comme l’un des faits majeurs de 2022. Elle a dépassé les attentes et compromet fortement la croissance mondiale. « L’intensification des pressions sur les prix demeure la menace la plus immédiate qui pèse sur la prospérité actuelle et future, car elle comprime les revenus réels et fragilise la stabilité macroéconomique » a estimé Pierre-Olivier Gourinchas, directeur des études du FMI.

Pour les pays émergents, notamment africains, la remontée des taux d’intérêt et la vigueur du dollar constituent une difficulté majeure. « Dans la plupart des pays émergents et des pays en développement, la riposte adéquate consiste à calibrer la politique monétaire de façon à maintenir la stabilité des prix, tout en laissant les taux de change s’adapter, en conservant des réserves de change qui seraient précieuses si la situation financière s’aggravait réellement« , conseille le directeur des études du FMI.

Lire aussi : Banque mondiale : une croissance de 5,5% dans la région MENA en 2022

 

L’épargne domestique comme socle de l’investissement

Le resserrement des conditions de financement à l’international remet sur la table le débat sur la mobilisation de l’épargne intérieure. Plusieurs centaines de milliards de dollars échappent chaque année aux États à cause de la fuite des capitaux et de la fraude fiscale. Par ailleurs, le service de la dette extérieure nécessite d’importantes ressources. La capacité des pays africains à financer une plus grande part de leurs besoins de développement à partir de leurs ressources intérieures changerait beaucoup de choses.

En théorie, l’épargne est un agrégat macroéconomique important pour la croissance. « Plus elle est importante plus les investissements sont possibles, ce qui aura pour effet de stimuler la croissance, diminuer la pauvreté et créer de l’emploi. À contrario, son insuffisance peut être un frein pour l’investissement et le développement. Néanmoins, un excès d’épargne pourrait déboucher sur une insuffisance de consommation et donc limiter la croissance économique« , rappellent les économistes du Crédit Agricole.

Lire aussi : Ces pays africains vulnérables à la normalisation de la politique monétaire américaine

 

Une épargne africaine trop faible et trop disparate

En moyenne, le taux d’épargne en Afrique subsaharienne se situe à 22%. S’il est assez convenable, il masque d’importantes disparités entre les pays. Quatre groupes de pays peuvent être listés. Le premier groupe est composé de neuf pays dont les taux sont supérieurs à 20% du PIB dont 41,8% du PIB pour l’Angola et 51,7% du PIB pour le Congo. Ces pays bénéficient fortement de leurs exportations de matières premières, en particulier du pétrole. Leur épargne domestique est majoritairement composée d’épargne publique.

Dans le second groupe, les taux sont compris entre 10% et 20% du PIB. Un troisième groupe est constitué de pays dont le taux d’épargne domestique est inférieur à 10% du PIB et un quatrième groupe avec des taux d’épargne négatifs à l’image du Burundi ou encore des Comores. Globalement, « l’épargne domestique demeure insuffisante pour répondre aux importants besoins de financement de la région qui, d’après le FMI, s’élèveraient à 290 milliards de dollars en moyenne d’ici 2023« , note Crédit Agricole. Les obstacles sont à chercher entre autres dans la structure des systèmes financiers. Ceux-ci sont souvent peu développés et difficiles d’accès pour beaucoup d’agents, ce qui explique en partie les taux de bancarisation assez faibles dans plusieurs pays de la région.

Lire aussi : Afrique subsaharienne : dix ans perdus !

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