Egypte : La pression monte !

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Barrage du Nil Pourparlers entre l'Égypte, l'Éthiopie et le Soudan (1)
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Dans la deuxième économie du continent, l’inflation dépasserait 13% sur l’ensemble de l’année selon les prévisions. Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, la pression sur la position extérieure s’est accentuée. Les tensions sur les réserves de change ont poussé la Banque centrale à relever le taux directeur de 300 points de base depuis le début de l’année pour endiguer la hausse de l’inflation et la sortie marquée des investissements de portefeuille. Elle pourrait procéder à une autre augmentation de 100 points de base d’ici la fin de l’année, selon Fitch Solutions.

Le chassé-croisé des dirigeants des puissances internationales en Afrique, surtout depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, suscite divers commentaires. Mais, au-delà des beaux discours, la situation sur le terrain reste hautement explosive dans certains pays, les gouvernements devant composer avec une inflation incontrôlable et éviter que la hausse des prix alimentaires et de l’énergie n’entraînent des troubles sociaux. En Egypte, la deuxième économie du continent, la situation est bien plus tendue que dans les autres places fortes du continent. L’inflation dépasserait 13% sur l’ensemble de l’année selon les prévisions, un niveau bien supérieur à la moyenne régionale. Le choc est violent puisque l’inflation a été de 5,2% en moyenne en 2021.

Lire aussi : Afrique : le choc des titans

 

20 milliards de dollars de sorties de capitaux

Depuis le déclenchement de la guerre, la pression sur la position extérieure de l’Egypte s’est accentuée, en lien notamment avec le retrait des investisseurs d’un certain nombre de marchés émergents jugés instables. Selon les autorités égyptiennes, 90 % des investisseurs de portefeuille ont déjà quitté le marché égyptien, avec plus de 20 milliards de dollars de sorties de capitaux. «Nous pensons qu’il est peu probable que les investisseurs étrangers reviennent sur le marché de la dette égyptienne tant que les fondamentaux macroéconomiques du pays ne s’amélioreront pas», commente Fitch Solutions. En outre, l’affaiblissement de la livre égyptienne face au dollar, stimulant l’inflation importée a contribué à l’effondrement des réserves de change. Dès mars, le pays s’était retourné vers le FMI pour bénéficier d’un nouveau programme. Les tensions sur les réserves de change ont poussé la Banque centrale à relever le taux directeur de 300 points de base depuis le début de l’année pour endiguer la hausse de l’inflation et la sortie marquée des investissements de portefeuille.

Lire aussi : Égypte : d’importantes réformes fiscales et structurelles doivent être réalisées (FMI)

C’est bien plus que dans les autres grandes économies, sachant que le Maroc n’a pas jugé utile de toucher au taux directeur. L’inflation y reste modérée. Par ailleurs, la politique monétaire y reste largement accommodante avec un taux directeur à 1,5% contre 5,5% en Afrique du Sud ou encore 14% au Nigéria. Face aux vents contraires, l’Egypte pourrait relever à nouveau ses taux d’intérêt d’ici la fin de l’année, Fitch Solutions prévoyant une hausse de 100 points de base sur le reste de l’année.

En présence de nouveaux chocs, la croissance du PIB réel va nettement ralentir. «Une inflation élevée pèsera sur les dépenses intérieures et la baisse des dépenses publiques réduira les investissements. Ces facteurs, associés à des effets de base défavorables, se traduiront par une croissance de seulement 4,4% contre 6,2% au cours de l’exercice précédent», selon les anticipations des analystes.

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