Centrafrique : la relance SOCATEL passe à 150 millions USD
En Centrafrique, la relance SOCATEL entre dans une nouvelle phase avec l’annonce par le gouvernement de la mise en œuvre du protocole d’accord conclu en septembre 2025 avec l’entreprise américaine Greenline Technologies. Le projet, confirmé à l’issue d’une réunion tenue le 16 juillet à Bangui entre le ministre de l’Economie numérique, des Postes et Télécommunications et un dirigeant de la société partenaire, prévoit un investissement de 150 millions de dollars pour reprendre et transformer l’opérateur historique.
La Centrafrique mobilise 9 milliards de dollars à Casablanca
Les autorités centrafricaines veulent moderniser les infrastructures et les services de l’entreprise publique, construire un data center de niveau Tier 3 et déployer un écosystème de connectivité à l’échelle nationale. Cette initiative s’inscrit dans le Plan national de développement 2024-2028, présenté lors d’une table ronde de mobilisation des financements organisée à Casablanca, et reflète une volonté plus large de repositionner les anciens opérateurs publics dans la transition numérique du continent.
Une relance SOCATEL au cœur des ambitions numériques de la Centrafrique
La SOCATEL, opérateur historique des télécommunications en République centrafricaine, affronte depuis plusieurs années une dégradation de ses capacités techniques et commerciales. Comme dans de nombreux pays africains, l’ouverture du marché à des acteurs privés plus dynamiques a progressivement réduit son poids, au moment même où la demande en services numériques, en connectivité et en stockage de données s’accélère. Le gouvernement cherche désormais à transformer cette entreprise en levier d’aménagement numérique, dans un pays où les infrastructures restent limitées et inégalement réparties.
L’investissement annoncé de 150 millions de dollars constitue un montant significatif pour le secteur centrafricain des télécommunications. Outre la modernisation des réseaux et des équipements, la création d’un data center Tier 3 vise à améliorer l’hébergement local des données, la continuité de service et la résilience des systèmes numériques. Le déploiement d’un écosystème national de connectivité pourrait également soutenir les administrations, les entreprises et les services essentiels, dans un contexte où l’inclusion numérique demeure un enjeu majeur pour plusieurs économies d’Afrique centrale, aux côtés des priorités portées à l’échelle continentale par l’Union africaine et la Banque africaine de développement en matière de transformation digitale.
Cette tentative n’est toutefois pas la première. En novembre 2020, les autorités avaient déjà engagé un partenariat avec une entreprise française afin de restaurer et moderniser une partie des infrastructures historiques de l’opérateur, notamment l’ancien réseau de faisceau hertzien destiné à servir de réseau de secours. La nouvelle séquence marque donc une reprise d’efforts déjà amorcés, avec une ambition plus large et des moyens financiers nettement supérieurs.