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Brookings Institution : le commerce intra-africain est largement sous-évalué

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Selon Brookings Institution, le volume du commerce intra-régional en Afrique, estimé à 16% par plusieurs études, s’élève en fait à 22 jusqu’à 25%. Dans un rapport publié le 12 août 2022, le think tank américain souligne ainsi que de nombreuses enquêtes sous-évaluent les échanges intra-régionaux et ne prennent pas en compte le commerce transfrontalier informel. Il déplore d’importantes «erreurs méthodologiques et économétriques».

Intitulé “L’importance économique du commerce intra-africain : parfaire le narratif” (The economic significance of intra-African trade : Getting the narrative right), l’étude de l’organisme américain recalcule le poids des échanges commerciaux intra-africains en se basant sur le volume considérable du commerce transfrontalier informel.

La même source explique que «si le commerce transfrontalier informel est un phénomène mondial, les études tendent à s’accorder sur le fait qu’il est beaucoup plus répandu sur le continent africain que dans les autres régions du monde. Dans certains pays africains, ce type de commerce représente plus des deux tiers des flux commerciaux globaux».

La forte prévalence du commerce transfrontalier informel est principalement observée dans les petits pays enclavés et dans certaines sous-régions du continent. D’ailleurs, ce commerce informel représente 30% du total des échanges commerciaux de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et 40% de ceux du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA).

Selon les calculs de Brookings Institution, quand le commerce transfrontalier informel atteint 30% des échanges, le commerce intra-africain progresse à 22%. Et quand son ampleur est portée à 50% des échanges, ledit commerce grimpe à 25%.

Toutefois, malgré ces taux «corrigés» de fortes disparités persistent en termes de la structure économique et de la situation géographique des pays africains. «Ainsi, le taux de commerce intra-régional dans les pays enclavés passe de 28% si les échanges informels ne sont pas pris en considération, à 36% dans le cas d’une prévalence de 30% du commerce transfrontalier informel, et à 42% si cette prévalence atteint 50%», soulève le rapport.

La même source indique que le poids du commerce intra-régional se situe à 22%, hors échanges transfrontaliers informels, quand on exclut les pays producteurs de pétrole, et dont les exportations sont essentiellement orientées vers l’Europe et l’Asie. Ce taux progresse à 28% avec une prévalence de 30% et à 33% avec une prévalence de 50%, si les échanges transfrontaliers informels sont pris en compte.

Par ailleurs, Brookings Institution souligne qu’en raison de la faible dépendance de trois grandes puissances économiques africaines aux marchés régionaux, le poids réel du commerce intra-africain reste difficile à quantifier. Les puissances en questions, poursuit le rapport, sont l’Égypte, le Nigeria et, dans une moindre mesure, l’Afrique du Sud. Alors que Le Caire priorise les marchés du Moyen-Orient et de l’Europe, le Nigeria exporte l’essentiel de ses hydrocarbures vers l’Europe et l’Asie. S’agissant de l’Afrique du Sud, il est le pays le plus industrialisé en Afrique, en raison de son histoire liée à la période de l’apartheid, moins dépendante des marchés voisins.

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