Centrafrique : la rentrée scolaire face à des défis persistants
Une vue du lycée Barthélémy Boganda de Bangui, le 24 juin 2026 © Rolf Steve Domia-leu/RFI En Centrafrique, la rentrée scolaire s’est ouverte lundi 21 septembre sur l’ensemble du territoire dans un contexte marqué par de fortes insuffisances matérielles et humaines. À Bangui comme dans d’autres localités du pays, élèves, enseignants et parents dénoncent des salles de classe trop petites, un manque de tables-bancs, des tableaux dégradés et une pénurie de matériel pédagogique.
Cette reprise intervient alors que les autorités tentent de redresser un système éducatif fragilisé depuis plusieurs années par le sous-équipement des établissements et la faiblesse de l’encadrement. Dans certains établissements de la capitale, les effectifs atteignent jusqu’à 300 élèves par classe, un niveau qui alimente les inquiétudes sur la qualité de l’apprentissage et sur la capacité de l’école publique à répondre à la demande croissante.
Une rentrée scolaire sous pression dans un système éducatif fragilisé
Dans plusieurs écoles, les difficultés observées à l’ouverture des cours rappellent l’ampleur du retard accumulé. Des élèves évoquent des bancs cassés, des murs fissurés et l’absence d’outils de base pour suivre les enseignements dans des conditions normales. À cela s’ajoute le manque de livres et de supports pour les enseignants, ce qui complique la transmission des connaissances dès les premières semaines de l’année.
Les parents redoutent, eux, une baisse continue du niveau scolaire. Beaucoup estiment que l’école centrafricaine ne parvient plus à offrir les garanties de qualité qu’elle assurait encore entre les années 1960 et 1990, tandis que certains établissements privés apparaissent mieux armés. Cette fracture entre public et privé pose la question de l’égalité d’accès à l’éducation dans un pays où l’enseignement reste un levier majeur de stabilité sociale et de reconstruction. Dans l’espace de la CEMAC, auquel appartient la Centrafrique, les difficultés d’accès à une éducation de qualité demeurent un enjeu partagé, même si leur intensité varie selon les pays.
Face à cette situation, le gouvernement affirme poursuivre la construction d’écoles sur l’ensemble du territoire avec l’appui de partenaires internationaux. Il investit aussi dans la formation d’enseignants qualifiés afin de réduire progressivement la surcharge des classes. L’objectif annoncé est de ramener les effectifs à 75 élèves par salle d’ici à 2030, un seuil encore élevé mais qui marquerait une amélioration notable par rapport à la situation actuelle.
À l’échelle africaine, l’Union africaine et la Banque africaine de développement soulignent régulièrement que l’éducation reste un pilier du développement, de l’emploi des jeunes et de la résilience des États. En Centrafrique, la réussite de cette rentrée scolaire dépendra donc autant des investissements publics que de la capacité à restaurer durablement des conditions d’apprentissage dignes dans les écoles du pays.