Assassinat de Patrice Lumumba : la justice belge demande un procès à Bruxelles

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Assassinat de Patrice Lumumba : la justice belge réclame un procès à BruxellesPatrice Lumumba, ramené à Léopoldville, le 2 décembre 1960. © Rue des Archives
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Plus de six décennies après l’assassinat de Patrice Lumumba, figure emblématique de l’indépendance congolaise, le parquet fédéral belge a requis le renvoi devant le tribunal correctionnel de Bruxelles d’Étienne Davignon, ancien diplomate belge aujourd’hui âgé de 92 ans. Il est le dernier survivant parmi les dix personnes visées par une plainte pour crimes de guerre déposée en 2011 par les enfants de Lumumba.

Ce mardi, la porte-parole du parquet, Ann Lukowiak, a confirmé que la chambre du conseil, juridiction chargée de contrôler la validité de l’instruction, se prononcera sur ce renvoi lors d’une audience prévue le 20 janvier 2026. L’enquête, ouverte à la suite de la plainte, est désormais close.

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Premier chef du gouvernement du Congo indépendant en juin 1960, Lumumba fut renversé quelques mois plus tard, puis exécuté le 17 janvier 1961 dans la région sécessionniste du Katanga, avec l’aide de mercenaires belges. Son corps, dissous dans l’acide, n’a jamais été retrouvé, à l’exception d’une dent, saisie en 2016 chez la fille d’un policier belge impliqué dans l’opération. Celle-ci a été restituée à la RDC en 2022 lors d’une cérémonie officielle à Bruxelles.

Le parquet accuse Étienne Davignon, alors jeune diplomate stagiaire au ministère des Affaires étrangères, d’avoir été informé du projet d’arrestation de Lumumba. Il est poursuivi pour « détention et transfert illicite d’un prisonnier de guerre, privation du droit à un procès équitable, ainsi que pour traitements humiliants et dégradants ». En revanche, l’intention de tuer n’a pas été retenue, le parquet demandant un non-lieu sur ce volet.

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Lors de la restitution de la dent en 2022, la Belgique, par la voix du Premier ministre Alexander De Croo, avait présenté ses excuses pour sa « responsabilité morale dans cet assassinat », faisant écho aux regrets exprimés en 2002. La famille Lumumba, de son côté, dénonce une complicité active de plusieurs administrations belges dans un « vaste complot ayant mené à l’élimination politique et physique de leur père ».

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