Moutons locaux Vs importés : préférence et budget s’imposent dans le choix des Marocains

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Reconstitution du cheptel : 12,8 MMDH pour soutenir les éleveursDes moutons © DR

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C’est une fête de Aïd Al-Adha spéciale que les Marocains s’apprêtent à célébrer. À l’instar de la filière bovine, la filière ovine s’est, elle aussi, ouverte aux importations. Hausse des prix de l’aliment, sécheresse, sans oublier le contexte inflationniste…Les contraintes sont multiples et pour y faire face, le gouvernement a opté pour l’importation, dont l’enjeu est double : fixer les prix et stabiliser le marché. Quant au choix du consommateur, il se fera en fonction des goûts et des budgets.

Pour la première fois dans l’histoire, le Maroc ouvre la voie à l’importation des ovins à l’occasion de Aïd Al-Adha, non pas parce qu’il est déficitaire dans cette filière, étant donné que l’offre en cheptel local dépasse largement la demande nationale, mais c’est surtout pour fixer un prix de référence, en vue de stabiliser le marché face aux comportements spéculatifs. Des milliers de moutons importés sont déjà en vente, en attendant d’autres arrivages qui viendront renforcer le cheptel destiné à l’abattage à deux semaines de cette fête sacrée.

Lire aussi : Moutons de Aïd Al-Adha : une hausse modérée, selon les éleveurs

Moutons importés : processus et caractéristiques

Cette année et à l’occasion de Aïd Al Adha, l’offre dépasse largement la demande, maintenue quasiment au même niveau que celle de l’an passé. Avec près de cinq millions et demi de têtes, le Maroc couvre son besoin, mais les trois races qui dominent le marché national, à savoir le Sardi, Timihdit et Bniguil, sont désormais concurrencées par d’autres qui ont été récemment importées, notamment la race appelée Mérinos qui provient d’Espagne, de Portugal et de Roumanie et qui est réputée pour sa qualité à l’échelle mondiale,

Cette opération a été entamée depuis plusieurs mois pour assurer une mise en œuvre complète et efficace, dans les meilleures conditions. D’ailleurs, les importateurs ont eu la liberté de choix pour décider des sources d’approvisionnement, à condition que les mesures de sécurité et d’hygiène soient respectées.

Concernant le processus, les ovins subissent un contrôle vétérinaire de rigueur dès leur arrivée sur le sol marocain, avant d’intégrer l’exploitation de l’éleveur importateur. Par rapport à leurs caractéristiques, il n’y a pas de grandes différences en comparaison avec les races locales. Les particularités résidant en termes de la taille et cela dépend évidemment de l’âge, en plus de la question des cornes. Certains en possèdent, mais elles sont très petites, d’autres non, en fonction de la région d’origine.

Il faut savoir donc que c’est une importation encadrée qui a été décidée. De multiples précautions sont prises pour garantir l’absence de maladies des animaux et assurer les bonnes conditions de transport. Sous la supervision de l’Office national de la sécurité sanitaire des produits alimentaires (Onssa), l’opération se poursuit avec un rythme accéléré ces derniers jours, atteignant 91.000 têtes au 15 juin.

Rappelons que pour faciliter cette mesure, les autorités publiques ont pris une batterie de mesures. En plus d’une exonération de la taxe d’importation et de la TVA, les importateurs bénéficient d’une prime de 500 DH pour chaque tête importée.

Lire aussi : Aïd Al-Adha : offre, prix, importation…voici tout ce qu’il faut savoir

Que privilégient les Marocains ?

Il y en a pour tous les goûts et tous les budgets. Le consommateur marocain a le choix cette année entre acheter un mouton local à un prix supérieur de 15% par rapport à l’an dernier (entre 65 et 70 DH le kilogramme) ou opter pour une espèce ovine importée moins cher (entre 55 et 57 DH le kilogramme) et de bonne qualité également.

Contacté par LeBrief pour savoir les préférences des Marocains, le président de la Fédération nationale des associations du consommateur (FNAC), Ouadie Madih, estime que c’est d’abord une question de goût et de budget alloué à cette occasion. «Au-delà de son aspect religieux, l’évènement est incontournable pour toutes les catégories socioprofessionnelles. Mais cette année, la conjoncture est difficile et très particulière, au point que plusieurs foyers ne pourront pas faire le sacrifice du mouton faute de ressources suffisantes, surtout que le prix est plus cher cette année pour les raisons déjà connues», a-t-il avancé, soulignant que le choix variera en fonction des préférences et des moyens financiers de chacun.

S’appuyant sur une récente étude menée par la FNAC, notre interlocuteur fait savoir que les Marocains privilégient de plus en plus les produits locaux et les ovins importés destinés à l’abattage devront suivre cette tendance. «Depuis quelques années, le goût pour le local a pris de nouvelles dimensions. Prenons l’exemple des fruits et légumes, le citoyen marocain préfère de loin les produits locaux, mais pour les moutons de Aïd Al Adha, plusieurs critères sont pris en compte. Les ovins importés sont considérés comme une alternative pour certains consommateurs, dont le pouvoir d’achat considérablement chuté et pour qui le plus important est d’acheter un mouton», conclut-il.

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