Le nouveau modèle de développement vu par l’économiste Thomas Piketty

image defaut author user

Temps de lecture :

Thomas Piketty

A
A
A
A
A

En visite au Maroc en fin de semaine dernière, l’économiste français Thomas Piketty a animé trois conférences à Casablanca et à Rabat axées autour de la thématique des inégalités sociales. Un thème qui fait d’ailleurs l’objet de son ouvrage «Capital et Idéologie». Piketty a aussi rencontré des membres de la commission du nouveau modèle de développement, leur souhaitant que «les réflexions engagées par le royaume débouchent sur des décisions courageuses».

Considéré comme l’un des meilleurs économistes au monde, grâce à son ouvrage Capital au 20e sièclevendu à plus de 2,5 millions d’exemplaires, Thomas Piketty était au Maroc en fin de semaine dernière afin de présenter son dernier livre Capital et idéologie. Un ouvrage «qui casse l’unanimisme autour de l’hypercapitalisme et jetteles bases d’un nouveau modèle économique plus égalitaire que nos décideurs gagneraient à s’en inspirer», estime Médias24. L’ouvrage a servi de fil conducteur pour trois conférences-débats, organisées en présence d’un parterre d’universitaires et de personnalités des mondes de la politique, de l’économie et des finances. L’économiste français en a profité pour rencontrer plusieurs membres de la Commission spéciale chargée du nouveau modèle de développement. «J’espère vivement que les réflexions engagées aujourd’hui au Maroc sur le modèle de développement débouchent sur des décisions courageuses», a-t-il souligné.

Piketty estime que les inégalités sont le fruit d’une construction idéologique qui les maintient dans la durée, à travers laquelle les dominants s’efforcent de légitimer et de perpétuer leur supériorité sur les dominés. Par ailleurs, Piketty défend l’idée que les inégalités sociales ne sont toutefois pas une fatalité, et ne s’estompent pas que par des changements dans la violence. Piketty prend pour exemple la Suède. Un modèle qui «paraît le plus emblématique et le plus parlant pour un pays comme le Maroc», rappelle Piketty. «Encore faut-il que le Maroc prenne des décisions courageuses».

Parmi ces décisions dont parle le célèbre économiste, l’impôt sur le patrimoine. Des mesures radicales parfois, notamment celle d’un impôt de 90% sur les hauts revenus. Un pourcentage qu’il dit prêt à payer sur ses gains de droit d’auteur, rapporte l’Économiste. Mais à travers son expérience, Piketty indique qu’il a constaté que les administrations se cachent derriére le secret fiscal. «La seule fois où la DGI avait publié les données sur la contribution des médecins du secteur libéral, elle s’était attirée la foudre de ces professionnels», rappelle l’Économiste.

Enfin, en réponse à la question de «s’il existe des pays qui se sont développés sans progressivité de l’impôt?», Piketty précise «Je n’en connais pas.Tous les pays européens en plus des États-Unis, du Japon et de la Corée du Sud ont introduit au cours de leur histoire des formes de progressivité importantes, qui ont permis de financer l’éducation, les systèmes de santé, l’infrastructure, de réduire les inégalités, et de s’inscrire dans des trajectoires de développement pérennes».

JEUX Nouveau
🎯 Mot du Jour chargement...

Devine le mot français du jour et apprends son équivalent en Darija 🇲🇦

Appuie sur Entrée pour jouer avec ton essai déjà rempli !

Dernier articles
Les articles les plus lu
Nador West Med : le Terminal Est prêt à démarrer

Le Terminal Est de Nador West Med est désormais opérationnel pour accueillir ses premières escales commerciales, avec une capacité de 3,4 millions d’EVP.

Ilyasse Rhamir - 11 septembre 2026
SOREC : le Grand Prix d’Afrique 2026 débarque à El Jadida

Découvrez la 5e édition du Grand Prix d'Afrique 2026 : séminaires stratégiques de l'ALA et courses hippiques trépidantes réunissent les délégations au Maroc.

Ilyasse Rhamir - 11 septembre 2026
Rentrée économique : la CGEM fixe ses priorités pour la période 2026-2029

La CGEM fixe cinq priorités pour la rentrée économique : investissement, compétitivité, TPME, emploi et internationalisation des entreprises.

Mouna Aghlal - 10 septembre 2026
BYD Ti 7 : le nouvel SUV hybride rechargeable arrive au Maroc

Auto Nejma lance au Maroc le BYD Ti 7, un nouvel SUV hybride rechargeable à transmission intégrale, proposé à partir de 459.900 dirhams.

Othman Dadas (stagiaire) - 10 septembre 2026
Tan-Tan : le Suisse Synhelion projette une usine de carburants synthétiques

Synhelion prévoit à Tan-Tan une usine de carburants synthétiques de 100.000 tonnes par an. Le projet serait le plus important développé par le groupe suisse.

El Mehdi El Azhary - 10 septembre 2026
Salon SISTEP : cap sur l’innovation italienne en fonderie à Casablanca

Découvrez la délégation italienne de pointe en fonderie et métallurgie au salon SISTEP à Casablanca du 9 au 11 septembre 2026. Rencontres B2B et innovations.

Ilyasse Rhamir - 10 septembre 2026
Voir plus
Le Made in Morocco est-il en danger ?

Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.

Sabrina El Faiz - 14 mars 2026
Viandes, poissons : la danse des prix ramadanesques

Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !

Sabrina El Faiz - 7 mars 2026
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
Pilotage énergétique : pourquoi la data est un levier de compétitivité pour les entreprises ?

Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.

Rédaction LeBrief - 13 mars 2026
Ramadan 1447 : la grande bataille des dattes

Consommation-Production locale, importations, prix, qualité, enquête sur le marché ramadanesque des dattes au Maroc.

Sabrina El Faiz - 21 février 2026
Crise au Moyen-Orient : vers une hausse de la facture d’électricité au Maroc ?

Économie - Fortement dépendant des importations et du charbon pour produire son électricité, le Maroc pourrait voir sa facture énergétique augmenter si la crise perdure au Moyen-Orient.

El Mehdi El Azhary - 11 mars 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire