Région des Grands Lacs : crise ouverte entre le Burundi et le Rwanda

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Grands lacsCarte de la région des Grands Lacs © DR
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Une nouvelle crise secoue la région des Grands Lacs alors que le Burundi a annoncé jeudi la fermeture de sa frontière avec le Rwanda, accusant ce dernier de soutenir le groupe rebelle RED-Tabara. Ces tensions ont éclaté après une attaque du groupe rebelle, près de la frontière avec la République démocratique du Congo, faisant 20 victimes, selon les autorités burundaises.

Le ministre burundais de l’Intérieur, Martin Niteretse, a déclaré devant la presse que la décision de fermer la frontière était motivée par les actions hostiles du Rwanda. Il a également accusé le président rwandais, Paul Kagame, d’héberger des criminels nuisant aux Burundais. «Nous avons fermé nos frontières (avec le Rwanda), celui qui va tenter d’y aller ne passera pas. La décision a été prise», a-t-il indiqué, ajoutant que le Burundi suspendait toute relation avec le Rwanda.

Le Rwanda a réagi rapidement, regrettant cette décision «unilatérale» qui, selon les autorités rwandaises, violerait les principes de coopération régionale et d’intégration de la Communauté d’Afrique de l’Est. Les autorités de Kigali ont aussi affirmé avoir appris la fermeture de la frontière par le biais des médias.

Les relations entre le Burundi et le Rwanda ont été historiquement tendues, et cette récente escalade intervient malgré une légère amélioration depuis l’arrivée au pouvoir du président burundais Evariste Ndayishimiye en 2020. Cependant, les liens se sont à nouveau détériorés récemment, notamment lorsque le Burundi a envoyé des troupes pour aider à combattre les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, dans l’est de la RDC.

Le groupe rebelle RED-Tabara, responsable de l’attaque de décembre, a une base dans la province du Sud-Kivu, à l’est de la RDC, et est le groupe rebelle le plus actif au Burundi, comptant entre 500 et 800 combattants.

Cette fermeture de frontière rappelle une situation similaire survenue en 2015, lorsque les deux pays avaient mutuellement fermé leurs frontières, s’accusant l’un l’autre de soutenir des mouvements rebelles. La frontière avait été rouverte en 2022.

Le groupe RED-Tabara, bien qu’accusé d’opérations meurtrières au Burundi depuis 2015, avait été moins actif depuis septembre 2021. Le président burundais avait précédemment accusé le Rwanda de fournir un soutien logistique à ces groupes armés, des allégations fermement démenties par Kigali.

Cette nouvelle crise soulève des préoccupations quant à l’impact sur la libre circulation des personnes et des biens entre les deux pays, tout en mettant en lumière les complexités des relations régionales dans la région des Grands Lacs.

Écouter aussi : Rwanda : génocide des Tutsis après l’attentat contre le président

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