Fintech : prévisions de croissance exceptionnelles en Afrique

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Le secteur des startups spécialisées dans les technologies financières (Fintech) en Afrique connaît une croissance explosive et devrait connaître une croissance significative au cours des prochaines années, selon un récent rapport publié par le cabinet de conseil McKinsey & Company. Le rapport intitulé « Fintechs : Un nouveau paradigme de croissance » prévoit que le chiffre d’affaires cumulé des Fintech en Afrique atteindra entre 15 et 20 milliards de dollars d’ici 2028, enregistrant une croissance annuelle moyenne de 30% au cours de cette période, par rapport aux 3 à 4 milliards de dollars en 2022.

Le rapport met en évidence le rôle des jeunes entreprises africaines qui révolutionnent le secteur financier, prévoyant qu’elles afficheront le deuxième rythme de croissance le plus élevé à l’échelle mondiale, juste après les Fintechs opérant au Moyen-Orient (35% en moyenne par an entre 2023 et 2028). Cette croissance devrait surpasser celle enregistrée en Europe, en Amérique du Nord, en Asie-Pacifique et en Amérique latine.

À l’échelle mondiale, le chiffre d’affaires total des Fintechs s’établissait à 150 à 205 milliards de dollars en 2022, représentant 5% du chiffre d’affaires total du secteur bancaire. Cependant, ce chiffre devrait plus que doubler pour atteindre entre 325 et 463 milliards de dollars d’ici 2028.

Un facteur clé de cette croissance réside dans les pays émergents et en développement en Afrique, au Moyen-Orient et en Amérique latine, où de vastes populations demeurent largement non bancarisées ou sous-bancarisées.

Le rapport souligne que le secteur Fintech a connu une croissance remarquable dans le monde entier au cours de la dernière décennie. En juillet 2023, les Fintech cotées en bourse avaient une capitalisation boursière totale de 550 milliards de dollars, soit le double de celle de 2019. En 2023, plus de 272 Fintechs avaient atteint le statut de « licorne », avec une valorisation combinée de 936 milliards de dollars, comparé à seulement 39 jeunes entreprises du secteur financier valorisées à plus d’un milliard de dollars il y a cinq ans.

Cependant, en 2022, une correction du marché a entraîné un ralentissement de cette croissance explosive, et ses impacts se font toujours sentir aujourd’hui. Le rapport souligne que toutes les Fintechs n’ont pas été touchées de la même manière. Les startups en phase de croissance (série C et au-delà) ont été les plus sensibles à la baisse des financements, enregistrant une diminution moyenne de 50%. En revanche, les Fintechs en phase d’amorçage et de pré-amorçage ont vu leurs levées de fonds augmenter de 26%.

Les Fintechs opérant dans le segment B2B (business-to-business) ont mieux résisté à la pénurie de financement que celles opérant dans le segment B2C (business-to-consumer).

Les perspectives du secteur de la Fintech demeurent prometteuses, en particulier dans les pays émergents et en développement, où la demande de produits financiers innovants demeure robuste. Néanmoins, le récent refroidissement du marché du capital-risque incite les Fintechs à revoir leurs modèles d’affaires, en mettant davantage l’accent sur la rentabilité plutôt que sur la croissance à tout prix, et à devenir plus ouvertes aux fusions-acquisitions dans un contexte où l’accès aux financements se complexifie.

En résumé, la Fintech en Afrique est en pleine croissance, offrant d’énormes opportunités pour l’avenir. Les jeunes entreprises technologiques financières du continent sont en train de transformer le paysage financier et de répondre aux besoins des populations non bancarisées. Toutefois, elles devront s’adapter au contexte changeant du marché du capital-risque pour garantir une croissance durable.

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