Afrique du Sud : le risque d’un retour sur la liste grise du GAFI
L’Afrique du Sud risque de réintégrer la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI), un an après en être sortie. Selon une évaluation trimestrielle de Business Leadership South Africa (BLSA), publiée mercredi 28 octobre 2026, les réformes anticorruption stagnent et les faiblesses du système judiciaire pénal du pays persistent.
« Nous ne pouvons pas nous permettre de relâcher notre vigilance, alors que les faiblesses de nos institutions de justice pénale, notamment en matière d’enquêtes et de poursuites, restent irrésolues », a averti Busi Mavuso, directrice générale de la BLSA, une association indépendante représentant les dirigeants de grandes entreprises sud-africaines et multinationales opérant dans le pays.
Selon l’évaluation couvrant le troisième trimestre 2026, de juillet à septembre, le score des réformes anticorruption est resté stable à 51,2, sans progrès enregistré.
En revanche, l’indice global d’achèvement des réformes a atteint un niveau record de 72,5, contre 71,3 au trimestre précédent.
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Une nouvelle évaluation attendue en 2027
L’Afrique du Sud fait actuellement l’objet d’une nouvelle évaluation mutuelle du GAFI. L’examen par les pairs est attendu au premier trimestre 2027, tandis que le processus devrait s’achever en octobre de la même année.
Cet examen déterminera si le pays a maintenu les progrès réalisés dans les enquêtes et les poursuites visant les réseaux de blanchiment de capitaux, qui avaient contribué à son retrait de la liste grise en octobre 2025.
Les lacunes des services chargés d’enquêter sur la criminalité organisée, de poursuivre efficacement les auteurs présumés et de récupérer les avoirs criminels pourraient jouer en défaveur de l’Afrique du Sud.
Les révélations de la commission Madlanga concernant des dysfonctionnements au sein des services de police et de renseignement renforcent également les inquiétudes.
Des répercussions possibles sur les transactions financières
Une éventuelle réinscription sur la liste grise pourrait entraîner un renforcement de la surveillance des transactions financières sud-africaines, ainsi qu’une hausse des coûts de conformité pour les banques et les entreprises. Elle risquerait également de compliquer les paiements transfrontaliers et le financement du commerce.
L’Afrique du Sud avait figuré pendant plus de deux ans sur cette liste, avant d’en sortir en octobre 2025. Ce retrait avait alors été salué comme un facteur susceptible de favoriser l’investissement étranger.