Éthiopie : une usine chinoise d’aluminium entre en service
Drapeau de l'Éthiopie © Depositphotos Le groupe chinois Xinye Special Steel a inauguré une usine d’aluminium d’une capacité annuelle de 180.000 tonnes en Éthiopie. Le projet vise à réduire la dépendance du pays aux importations et à soutenir son industrie manufacturière.
Le groupe sidérurgique chinois Xinye Special Steel a lancé l’exploitation d’une usine d’aluminium électrolytique en Éthiopie, a annoncé son président, Xu Wenping, le 28 septembre. Dotée d’une capacité de production annuelle de 180.000 tonnes, l’installation doit contribuer à couvrir une partie de la demande intérieure et à limiter les importations de ce métal utilisé notamment dans les secteurs du transport, de la construction, de l’électricité et de l’industrie.
L’annonce a été faite lors d’une réunion entre Xu Wenping, le président de la Commission éthiopienne des investissements (EIC), Zeleke Temesgen, et des dirigeants d’entreprises chinoises intéressées par les opportunités d’investissement dans les secteurs manufacturier et technologique du pays.
Située dans la zone économique spéciale de Gada, à environ 65 kilomètres au sud-est d’Addis-Abeba, l’usine utilise un procédé de réduction électrolytique permettant de produire de l’aluminium à partir d’alumine issue de la bauxite.
L’Éthiopie ne disposant pas de réserves importantes de bauxite ni d’une production commerciale significative d’alumine, le site devra importer les matières premières nécessaires. Sa proximité avec le port sec de Modjo, relié au corridor routier et ferroviaire Addis-Abeba-Djibouti, constitue un atout logistique pour l’approvisionnement de l’usine.
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Un second projet pour développer les capacités de production
Le lancement de cette installation s’inscrit dans une stratégie plus large de développement de la filière aluminium. En novembre 2025, l’Éthiopie a signé un protocole d’accord avec le groupe russe Rusal pour la construction d’une usine d’une capacité annuelle de 500.000 tonnes. Le projet prévoit un investissement initial estimé à un milliard de dollars et un délai de réalisation de trois à quatre ans.
Si ces deux projets aboutissent à leurs objectifs de production, ils pourraient renforcer la place de l’Éthiopie dans une filière africaine encore limitée en capacités de transformation. Selon les données de l’US Geological Survey, la Chine représentait environ 60% de la production mondiale d’aluminium en 2023.
À l’échelle africaine, les capacités restent concentrées dans quelques grandes fonderies. Hillside, en Afrique du Sud, affiche une capacité annuelle de 720.000 tonnes, tandis que Mozal, au Mozambique, dispose d’une capacité de 580.000 tonnes. Cette dernière installation est toutefois en maintenance depuis mars 2026, en raison de difficultés d’approvisionnement électrique.
Pour Addis-Abeba, l’enjeu est d’abord de réduire les importations et les sorties de devises étrangères, tout en soutenant le développement industriel. À plus long terme, la disponibilité d’une électricité compétitive et à faible intensité carbone pourrait également favoriser les exportations. Cet objectif dépendra toutefois de la réalisation des investissements annoncés, de la disponibilité des matières premières et de la sécurisation de l’approvisionnement énergétique.