Éthiopie : l’armée poursuit son offensive au Tigré
L’armée fédérale éthiopienne poursuit sa contre-offensive dans la région du Tigré, dans le nord du pays. Après avoir repris la ville d’Alamata le 28 septembre, les forces gouvernementales ont progressé vers le nord et affrontent désormais les combattants du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), selon des sources proches des autorités fédérales.
Des combats ont notamment éclaté mercredi 30 septembre à Korem, localité située à un peu plus de 100 kilomètres au sud de Mekele, capitale régionale du Tigré. L’information est rapportée par les Forces de paix du Tigré, un groupe proche d’Addis-Abeba. Dans l’ouest de la région, plusieurs secteurs sont également touchés par des affrontements depuis plusieurs jours.
Cette nouvelle offensive intervient alors que les tensions militaires se sont ravivées dans une région déjà profondément marquée par le conflit qui a opposé, entre 2020 et 2022, les autorités fédérales au TPLF. La reprise des combats fait également peser de nouvelles menaces sur les populations civiles.
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Des populations contraintes de fuir
Le bilan humain des affrontements demeure difficile à établir. L’armée fédérale n’a communiqué aucun nouveau bilan depuis la semaine dernière. La BBC rapporte toutefois que des dizaines de personnes ont été tuées cette semaine à Alamata et dans ses environs.
Sur place, les témoignages font état d’une situation particulièrement préoccupante. Un habitant d’Alamata a décrit la ville comme devenue une véritable « zone de guerre », alors que les affrontements se rapprochent de nouveaux centres urbains.
Plus à l’est, dans la région de l’Afar, les combats se poursuivent également. Des groupes rebelles contrôlent encore plusieurs localités, tandis que les affrontements ont entraîné le déplacement de plus de 100.000 personnes, selon plusieurs sources humanitaires citées par RFI. Une association locale indique qu’une partie des déplacés a trouvé refuge dans les environs de Semera, capitale régionale de l’Afar.
La progression des forces fédérales au Tigré intervient ainsi dans un contexte de multiplication des foyers de violence dans le nord de l’Éthiopie, avec des conséquences humanitaires qui restent difficiles à mesurer en l’absence de données consolidées sur les victimes et les déplacements.