Guinée : France 24 interdite de diffusion suite à une controverse
Les autorités guinéennes ont décidé, jeudi 17 septembre, de suspendre avec effet immédiat la diffusion de France 24 sur l’ensemble du territoire national. Cette décision intervient après qu’un présentateur de la chaîne a qualifié le chef de l’Etat, Mamadi Doumbouya, de « président putschiste » lors d’un journal télévisé.
La Haute Autorité de la communication (HAC) avait dénoncé, mercredi, l’utilisation de ce qualificatif, présenté comme « inapproprié » et employé de manière « délibérée » dans une édition diffusée le 14 septembre.
France 24 a reconnu une erreur dans le traitement de l’information. La chaîne a indiqué avoir « qualifié par erreur Mamadi Doumbouya de président putschiste ». Elle avait également annoncé qu’elle présenterait ses excuses et procéderait à une rectification à l’antenne.
La HAC a toutefois maintenu sa décision de suspendre la diffusion de la chaîne. Le régulateur a justifié cette mesure par le « maintien des propos incriminés ». L’extrait concerné était toujours disponible sur le site de France 24 jeudi matin, alors que l’autorité guinéenne avait demandé à la chaîne d’apporter les « rectifications éditoriales nécessaires » sur l’ensemble de ses plateformes numériques.
Un contexte politique marqué par les restrictions
Mamadi Doumbouya est arrivé au pouvoir en 2021 à la suite d’un coup d’Etat. Il a ensuite été élu président en décembre 2025 lors d’un scrutin au cours duquel, selon le texte, aucun opposant de premier plan ne s’était présenté.
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Depuis son accession au pouvoir, plusieurs mesures ont affecté la vie politique et médiatique du pays. Les principaux partis politiques ont notamment été dissous et les manifestations interdites. Des opposants et dissidents ont par ailleurs été arrêtés, condamnés ou contraints à l’exil, tandis que certains sont portés disparus.
La Haute Autorité de la communication a déjà suspendu plusieurs médias au cours de cette période. L’accès à Internet et aux réseaux sociaux a également fait l’objet de restrictions à plusieurs reprises ces dernières années.
France 24 déjà suspendue dans plusieurs pays africains
La décision guinéenne intervient alors que France 24 a déjà été interdite dans plusieurs pays africains. La chaîne ne diffuse plus au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Au Togo, France 24 avait également été suspendue en 2025 pour une durée initialement fixée à trois mois. La chaîne n’a toutefois pas été rétablie depuis.
La HAC a par ailleurs retiré, mercredi, l’accréditation de presse de Diawo Barry, correspondant de Jeune Afrique en Guinée. L’autorité a évoqué des « manquements professionnels », sans préciser les articles ou contenus à l’origine de cette mesure.
Cette nouvelle sanction intervient dans un environnement médiatique où les autorités guinéennes ont multiplié les mesures visant certains médias et journalistes depuis l’arrivée au pouvoir du général Doumbouya.