Sénégal : Dakar renégocie une trentaine de conventions minières
Ousmane Sonko, premier ministre du Sénégal © DR Le Sénégal poursuit la révision de ses partenariats dans le secteur extractif. Une trentaine de conventions minières font actuellement l’objet de renégociations, a indiqué le premier ministre Ousmane Sonko lors de son discours de politique générale devant l’Assemblée nationale, mardi 8 septembre. Le chef du gouvernement a également prévenu que l’État était disposé à défendre sa position en cas de contentieux avec des investisseurs.
Cette démarche intervient dans le cadre d’une politique plus large de réexamen des contrats conclus dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment les hydrocarbures, les mines, l’énergie et les infrastructures. Le processus avait été engagé par une commission ad hoc créée en juillet 2024, alors qu’Ousmane Sonko occupait encore le poste de premier ministre.
Selon les autorités, l’objectif est de rééquilibrer les relations contractuelles et de permettre à l’État de récupérer d’éventuels avantages considérés comme indus. Dakar entend ainsi accroître les recettes publiques issues de l’exploitation minière, un secteur important pour les exportations et les rentrées de devises.
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Un objectif de 600 milliards de francs CFA
Le gouvernement vise environ 600 milliards de francs CFA (près de 1,06 milliard de dollars) de recettes minières annuelles à l’horizon 2029, contre 370 milliards de francs CFA en 2019. La révision des conventions doit s’accompagner d’autres mesures, dont l’adoption annoncée d’un nouveau Code minier destiné à remplacer celui entré en vigueur en 2016.
Les autorités n’ont toutefois pas détaillé, à ce stade, la liste des conventions concernées, les entreprises visées ni le calendrier des négociations. Le dossier des Industries chimiques du Sénégal (ICS), acteur majeur de la filière phosphatière, avait néanmoins été mis en avant par le gouvernement plus tôt cette année. Dakar avait alors évoqué des irrégularités présumées liées notamment au paiement de taxes et redevances, estimant le manque à gagner pour l’État à 1.075,9 milliards de francs CFA. Le gouvernement avait également annoncé son intention de ne pas renouveler certaines concessions et de reprendre les actifs concernés.
Le Sénégal compte par ailleurs plusieurs groupes miniers internationaux, dont Eramet, Endeavour Mining, Fortuna Mining et Managem. La perspective de procédures judiciaires ou arbitrales constitue un enjeu important pour Dakar. Des expériences récentes au Mali et en Guinée montrent que la révision des contrats miniers peut déboucher sur des différends coûteux entre États et investisseurs.
Au Mali, la réforme du cadre minier avait notamment conduit à des négociations avec plusieurs compagnies et à un différend avec Barrick Mining, avant la conclusion d’un accord. En Guinée, la société Axis Minerals a engagé une procédure devant le CIRDI et réclame plusieurs dizaines de milliards de dollars à l’État. Ces précédents illustrent les risques juridiques auxquels le Sénégal pourrait être confronté dans sa volonté de renforcer sa part des revenus miniers.