Mozambique : les IDE reculent de 24,1% au premier semestre 2026

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Mozambique : les IDE reculent de 24,1% au premier semestre 2026Banque centrale du Mozambique © DR
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Les investissements directs étrangers (IDE) nets au Mozambique ont enregistré un net ralentissement au cours des six premiers mois de 2026. Selon les données publiées par la Banque du Mozambique, les flux se sont établis à 1,918 milliard de dollars, contre 2,529 milliards de dollars sur la même période de 2025, soit une baisse de 24,1%.

La contraction s’est accentuée au fil du semestre. Les IDE sont passés de 1,328 milliard de dollars au premier trimestre à seulement 589,95 millions de dollars au deuxième trimestre, affichant ainsi une diminution de 55,6% en rythme trimestriel. Cette évolution traduit un ralentissement important des entrées de capitaux étrangers dans l’économie mozambicaine, après une année 2025 particulièrement dynamique.

Le secteur extractif reste largement dominant

Malgré le repli global des investissements, les industries extractives continuent de concentrer l’essentiel des capitaux étrangers injectés dans le pays. Elles ont attiré environ 1,620 milliard de dollars au premier semestre, représentant 84,5% du total des IDE. Le secteur manufacturier demeure, en comparaison, beaucoup moins attractif. Il n’a capté que 139,3 millions de dollars durant les six premiers mois de l’année.

Du point de vue de la structure des flux, les prêts accordés par les actionnaires ainsi que les crédits commerciaux ont représenté la principale composante des IDE. Ils ont totalisé 1,144 milliard de dollars, soit 59,6% des investissements enregistrés sur la période. Les prises de participation et les autres formes d’apports en capital ont, quant à elles, atteint 774,82 millions de dollars.

Le recul observé en 2026 intervient après une performance remarquable l’année précédente. En 2025, le Mozambique avait attiré 5,693 milliards de dollars d’IDE, soit une progression de 60,2% par rapport à 2024.

Cette hausse avait principalement été portée par la mise en œuvre de grands projets liés aux ressources naturelles. Les industries extractives avaient alors absorbé 91,5% des investissements étrangers, tandis que le secteur manufacturier n’en représentait que 2,1%.

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La Banque du Mozambique avait notamment expliqué cette progression par l’afflux de capitaux vers les activités pétrolières et gazières. Les opérations de prospection et d’exploration dans le bassin de Rovuma, ainsi que la reprise de certaines activités dans le charbon et les sables lourds, avaient fortement contribué à cette dynamique.

Les ressources naturelles au cœur de l’attractivité

La structure des IDE met ainsi en évidence la dépendance persistante de l’économie mozambicaine à son potentiel minier et énergétique. Le gaz naturel, le graphite et le charbon constituent notamment des secteurs privilégiés par les investisseurs étrangers.

Cette concentration permet au pays de mobiliser des montants importants lorsque de grands projets sont lancés, mais elle expose également les flux d’investissement aux fluctuations liées aux cycles des projets extractifs.

L’attractivité du Mozambique reste par ailleurs confrontée à plusieurs contraintes politiques, sécuritaires et administratives. Dans la province de Cabo Delgado, l’insurrection menée par des groupes armés continue notamment de perturber certaines activités économiques ainsi que les opérations logistiques.

Les tensions qui ont suivi les élections de fin 2024 ont également pesé sur l’environnement économique. Des mouvements de contestation, des grèves et des blocages routiers ont affecté ponctuellement l’activité de certains sites miniers et commerciaux. Ces facteurs constituent autant de risques susceptibles de peser sur les décisions des investisseurs et sur le rythme de réalisation des projets.

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