Libye : l’ONU ouvre une nouvelle voie vers les urnes
Des représentants des camps rivaux de l’Est et de l’Ouest libyens ont signé dimanche à Tripoli un accord présenté comme une nouvelle étape vers l’organisation d’élections nationales. Le texte, conclu sous l’égide de la Mission d’appui des Nations unies en Libye (Manul), intervient alors que le pays reste profondément divisé entre deux pôles de pouvoir concurrents.
La signature s’est déroulée au siège de la Manul, en présence de l’envoyée spéciale des Nations unies pour la Libye, Hanna Tetteh. L’accord est issu de plusieurs mois de consultations conduites à Rome puis à Tunis avec des représentants des principales institutions et forces politiques libyennes.
Parmi les dispositions retenues figure la recomposition de la Haute commission électorale nationale, institution chargée de superviser les scrutins. Le texte prévoit également la tenue d’élections présidentielle et législatives dans un délai maximal de 24 mois. Cette échéance reste toutefois conditionnée à la mise en place d’un exécutif unique et à l’unification des institutions nationales, deux objectifs qui demeurent à concrétiser.
Depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye peine à établir une autorité politique unifiée. Le gouvernement basé à Tripoli, dirigé par Abdelhamid Dbeibah et reconnu par les Nations unies, fait face à des institutions et forces rivales implantées dans l’Est du pays, où le maréchal Khalifa Haftar exerce une influence déterminante.
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Une « étape importante » pour faire progresser le processus électoral
Les deux camps ont néanmoins accueilli favorablement le nouvel accord. Abdelhamid Dbeibah l’a qualifié d’« étape importante », estimant qu’il pouvait contribuer à faire progresser le processus électoral. Khalifa Haftar, cité par la chaîne libyenne Al-Masar, a également salué une avancée sur plusieurs dossiers restés bloqués depuis des années.
Hanna Tetteh a, pour sa part, appelé les signataires à passer rapidement de l’engagement politique à sa mise en œuvre concrète. La responsable onusienne a insisté sur la nécessité de transformer l’accord en mesures effectives.
Présentée par l’ONU en août 2025, la feuille de route destinée à sortir la Libye de l’impasse prévoit notamment l’élaboration de règles électorales acceptées par les différentes parties, l’unification des institutions exécutives et l’ouverture d’un dialogue politique élargi.
Plusieurs questions avaient jusqu’ici empêché la tenue des élections, notamment les conditions d’éligibilité à la présidentielle, le statut des militaires et des binationaux, ainsi que le calendrier respectif des scrutins présidentiel et législatif. La gouvernance de la commission électorale constituait également un point de désaccord.