Zambie : les tribunaux rouvrent après leur fermeture sur fond de contestation des résultats électoraux
En Zambie, les tribunaux ont retrouvé leur activité jeudi, quatre jours après avoir fermé leurs portes en raison d’une menace pesant sur la sécurité des lieux, et alors même que ce jeudi correspondait à la date limite pour déposer un recours contre les résultats de la présidentielle.
Dans une note adressée au personnel, l’administratrice en chef de la Justice, Yvonne N. Nalomba, a expliqué que la reprise du travail faisait suite à une évaluation des services de sécurité, qui ont jugé la menace suffisamment réduite. Elle a précisé qu’une présence policière resterait visible dans l’ensemble des juridictions, invitant le personnel à ne pas relâcher sa vigilance.
Une fermeture qui avait suscité de vives critiques
Les tribunaux avaient fermé leurs portes lundi, précisément le dernier jour utile pour contester l’élection présidentielle du 13 août. La Commission électorale zambienne avait, pour rappel, proclamé dès le 18 août la victoire du président sortant Hakainde Hichilema.
Ce calendrier de fermeture, jugé pour le moins troublant par plusieurs figures de l’opposition, avait provoqué une vague de critiques. La présidence avait toutefois démenti toute implication directe de Hakainde Hichilema dans cette décision, assurant que les évaluations sécuritaires relevaient du ministère de la Justice, de celui de l’Intérieur et d’autres institutions compétentes.
Un recours électronique jugé « hautement irrégulier »
Chef de file de l’opposition, arrivé en seconde position derrière Hakainde Hichilema, Brian Mundubile avait fait part la semaine dernière de son intention de porter l’affaire devant la Cour constitutionnelle. Selon la justice zambienne, aucun recours n’avait toutefois été formellement déposé au greffe de cette juridiction le 24 août.
Le président de la Cour suprême, Mumba Malila, a néanmoins indiqué avoir reçu, par un courrier électronique privé, la copie d’un document présenté comme un « recours présidentiel du peuple ». La Justice a jugé ce mode de transmission hautement irrégulier, tout en précisant que le magistrat avait fait suivre le document à la Cour constitutionnelle, à charge pour elle de statuer sur la validité de ce dépôt.
La veille, le Secrétariat du gouvernement avait annoncé que le président Hichilema prêterait serment le 1er septembre, une fois écoulé, sans recours déposé, le délai légal de sept jours ouvert pour contester l’élection. Le lieu de la cérémonie doit encore être communiqué.
Un second mandat sous le signe des réformes économiques
D’après les résultats officiels de la commission électorale, Hakainde Hichilema l’a emporté avec environ 60% des suffrages, contre 38% pour Brian Mundubile. Deuxième producteur de cuivre du continent africain, la Zambie sort tout juste d’une grave crise économique, marquée par un défaut de paiement sur sa dette souveraine en 2020, en pleine pandémie de Covid-19.
Le premier mandat de Hakainde Hichilema aura été largement consacré à une lourde restructuration de la dette et à des réformes menées avec le soutien du FMI, sur fond de sécheresses répétées, de pénuries d’électricité et de dépréciation de la monnaie nationale. La Constitution zambienne limitant à deux le nombre de mandats présidentiels, cette nouvelle période, qui s’étendra de 2026 à 2031, sera la dernière qu’il pourra exercer à la tête du pays.