Kenya : la hausse du budget sécuritaire inquiète à un an des élections

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Kenya : les menaces d’expulsion suscitent un tolléDrapeau du Kenya © DR
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À moins d’un an des élections générales prévues en août 2027, le Kenya augmente fortement les moyens alloués à son appareil sécuritaire. Selon le Bulletin officiel, le Parlement a approuvé une enveloppe supplémentaire de 44,5 milliards de shillings, soit environ 295 millions d’euros, destinée aux agences de sécurité. Une décision qui suscite des interrogations au sein de la société civile, dans un contexte politique déjà marqué par des tensions.

La hausse bénéficie principalement au ministère de la Défense, qui recevra quelque 128 millions d’euros supplémentaires. La police se voit attribuer plus de 65 millions d’euros, tandis que les services de renseignement bénéficieront d’une enveloppe additionnelle proche de 36 millions d’euros.

Ces crédits doivent notamment financer la modernisation des infrastructures policières, la création de nouvelles unités administratives ainsi que les préparatifs liés aux prochaines élections générales. Au total, cette rallonge porte le budget consacré à la sécurité à un niveau supérieur de plus de 50% à celui enregistré à la même période l’an dernier.

Lire aussi : Kenya : vers un nouveau modèle de financement public

Un risque de « terrorisme parrainé par l’État »

Selon le secrétaire général du ministère kényan de l’Intérieur, Raymond Omolloh, cette augmentation répond à « plusieurs priorités opérationnelles et institutionnelles ». Les autorités présentent ainsi la hausse comme un moyen de renforcer les capacités des institutions chargées de la sécurité et d’anticiper les besoins liés au prochain scrutin.

Mais l’ampleur de cette progression intervient dans un climat qui alimente la vigilance des organisations de défense des droits humains. La société civile redoute notamment que le renforcement des moyens sécuritaires ne contribue à accroître la pression exercée sur les mobilisations politiques et sociales à l’approche des élections.

Amnesty International a vivement réagi aux violences survenues en juillet lors du scrutin partiel d’Ol Kalou, dans le centre du pays. L’organisation a utilisé l’expression de « terrorisme parrainé par l’État » pour qualifier les violences enregistrées à cette occasion, au cours desquelles un homme de 30 ans est mort.

La Commission nationale kényane des droits de l’homme fait également état de dizaines de cas de violences politiques recensés entre juin et août. Ces incidents renforcent les inquiétudes concernant les conditions dans lesquelles se déroulera la prochaine échéance électorale.

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