Tunisie : le cash bancaire hors réseau atteint un niveau record
En Tunisie, le cash bancaire circulant en dehors des établissements financiers a atteint un niveau inédit, selon les dernières données de la Banque centrale relayées le 26 août par l’économiste Aram Belhadj. La monnaie fiduciaire détenue hors du réseau bancaire progresse de 4,2 millions de dinars par jour, soit plus de 1,3 million de dollars, pour dépasser désormais 30 milliards de dinars, l’équivalent d’environ 9,6 milliards de dollars.
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Pour Aram Belhadj, cette évolution dépasse les explications saisonnières habituelles et révèle un problème plus profond de l’économie tunisienne. Il y voit un dysfonctionnement structurel alimenté par l’essor de l’économie informelle, par une défiance persistante envers les banques et par les limites des paiements numériques, qui ne couvrent pas encore une part suffisante de la population.
Pourquoi le cash bancaire inquiète l’économie tunisienne
La hausse continue des liquidités hors banque réduit d’abord l’efficacité de la politique monétaire. Lorsque des montants importants échappent au circuit officiel, les décisions prises par la Banque centrale influencent moins directement l’activité économique, le crédit et la circulation de l’argent. Dans un pays où les tensions sur le financement restent fortes, cette déconnexion complique davantage le pilotage macroéconomique.
Cette situation a aussi un effet direct sur les finances publiques. Une partie importante des échanges se réalise en espèces, en dehors des canaux déclarés, ce qui limite la collecte de l’impôt et entretient l’érosion des recettes fiscales. Pour l’économie formelle, le déséquilibre devient également concurrentiel : les entreprises qui respectent les règles se retrouvent face à des acteurs informels opérant avec des coûts moindres et une traçabilité réduite, ce qui freine l’investissement privé et la création d’emplois durables.