Mali : 10 ans de prison requis contre Ras Bath à Bamako
Au Mali, le procès de Ras Bath, de son vrai nom Youssouf Bathily, s’est poursuivi le 11 août devant la cour d’appel de Bamako, sous haute sécurité. Le ministère public a requis dix ans de prison ferme contre le chroniqueur, poursuivi avec l’influenceuse Rokia Doumbia, dite « Rose, la vie chère », pour « association de malfaiteurs » et « atteinte au crédit de l’Etat ».
L’audience du deuxième jour s’est tenue à huis clos dans la capitale malienne, après une première journée marquée par une forte mobilisation de partisans du chroniqueur. La défense a demandé la relaxe des deux prévenus et contesté la recevabilité d’enregistrements audio présentés comme éléments de preuve. Le verdict a été mis en délibéré au 17 août.
Un procès de Ras Bath suivi de près dans le paysage politique malien
A l’audience, le parquet a cherché à établir un lien direct entre les dossiers de Youssouf Bathily et de Rokia Doumbia, en soutenant qu’ils agissaient de concert. Il a requis dix ans de prison ferme contre le chroniqueur et dix ans de prison, dont cinq avec sursis, contre l’influenceuse. Selon les éléments présentés à la cour, l’affaire s’inscrit dans un contexte politique sensible, où les autorités de transition surveillent de près les prises de parole publiques jugées susceptibles de troubler l’ordre institutionnel.
Les avocats de la défense ont pour leur part affirmé que les procès-verbaux d’audition ne faisaient apparaître aucun projet délictueux commun entre les deux accusés. Ils ont également demandé l’annulation des audios versés au dossier, estimant que ces pièces ne pouvaient servir de base solide à une condamnation. Ce débat sur la preuve et sur la qualification des faits sera central dans la décision attendue le 17 août.