Afrique du Sud : la mobilisation anti-immigration maintenue au 30 juin
En Afrique du Sud, des mouvements citoyens opposés à la présence d’étrangers en situation irrégulière ont confirmé le maintien de leur mobilisation anti-immigration au 30 juin. Lors d’une conférence de presse tenue le 24 juin, leurs responsables ont affirmé que cette échéance visait à pousser les migrants sans papiers à quitter le pays et à contraindre l’Etat à appliquer plus strictement les lois existantes.
Les organisateurs assurent ne pas vouloir paralyser le pays ni encourager des violences. Ils présentent l’initiative comme une manifestation pacifique destinée à réclamer un contrôle accru des frontières, une meilleure exécution des règles migratoires et une réponse gouvernementale à ce qu’ils décrivent comme une crise de l’immigration clandestine dans la première économie industrielle du continent.
Une contestation anti-immigration inscrite dans un climat régional sensible
Les porte-parole du mouvement ont insisté sur le fait que leur cible n’était pas une nationalité en particulier, mais l’ensemble des ressortissants étrangers vivant illégalement en Afrique du Sud. Cette précision intervient dans un contexte délicat, alors que le pays a déjà connu, à plusieurs reprises, des flambées de violences xénophobes contre des communautés venues d’autres Etats africains. A chaque épisode, des commerces ont été attaqués, des habitants déplacés et plusieurs pays ont dû organiser le rapatriement de leurs ressortissants.
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La question migratoire reste particulièrement sensible en Afrique du Sud en raison d’un chômage structurellement élevé, d’inégalités persistantes et d’une forte pression sur les services publics. Dans ce climat, une partie de l’opinion établit un lien entre immigration irrégulière, insécurité et concurrence sur le marché du travail, même si ces relations demeurent débattues. Le pays attire depuis des années des travailleurs, commerçants et demandeurs d’asile venus notamment du Zimbabwe, du Mozambique, de la République démocratique du Congo, du Nigeria ou encore d’Ethiopie, en raison du poids économique sud-africain à l’échelle de l’Afrique australe.
L’Union africaine défend de son côté une approche fondée sur la mobilité ordonnée, la protection des personnes et la prévention des discours de haine. Si les organisateurs affirment que l’action du 30 juin restera pacifique, les autorités sud-africaines seront attendues sur leur capacité à faire respecter la loi tout en évitant tout débordement. Dans un pays central pour les dynamiques économiques et humaines du continent, l’évolution de cette mobilisation anti-immigration pourrait avoir des répercussions bien au-delà de ses frontières.