Exportations agricoles françaises : l’Afrique subsaharienne devance le Maghreb

Temps de lecture :
Blé : l’interdiction d’exportation de l’Inde secoue les marchés internationauxImage d'illustration © DR
A A A A A

L’Afrique subsaharienne est redevenue la première destination africaine des exportations agricoles françaises en 2025, devançant l’Afrique du Nord, selon un rapport publié le 3 juin par le ministère français de l’Agriculture et FranceAgriMer. Les pays situés au sud du Sahara ont importé pour 2,2 milliards d’euros de produits agricoles français, en hausse de 2% sur un an, tandis que l’Afrique du Nord a reculé à 1,9 milliard d’euros, soit une baisse de 13%.

Ce basculement, observé pour la deuxième fois depuis 2009, propulse l’Afrique subsaharienne au quatrième rang mondial des zones d’exportation de l’agriculture française, derrière l’Amérique du Nord, l’Asie du Nord et l’Asie de l’Est et l’Océanie.

Lire aussi : « Africa Forward », laboratoire d’un nouveau récit français sur l’Afrique ?

La crise franco-algérienne en cause

Le recul nord-africain s’explique en grande partie par la chute des ventes françaises vers l’Algérie. Les exportations de blé tendre à destination de ce marché ont été nulles en 2025, alors qu’elles atteignaient en moyenne environ 2 millions de tonnes par an entre 2020 et 2024. Le rapport évoque un contexte de tensions politiques entre Alger et Paris, ainsi qu’un recours accru de l’Algérie à d’autres origines, notamment en provenance de la mer Noire. Cette contraction a également touché la filière laitière, les expéditions de poudre de lait écrémé ayant quasiment disparu alors qu’elles représentaient encore près de 60 millions d’euros en 2024.

Au total, l’Algérie a importé pour 215 millions d’euros de produits agricoles français, en recul de 12% sur un an. À l’inverse, le Maroc a renforcé ses achats. Profitant des effets de la sécheresse, les exportations françaises de blé vers ce dernier ont progressé d’environ 27%, tandis que la valeur des ventes d’orge a été multipliée par trois. Le Maroc a importé pour 1,2 milliard d’euros de produits agricoles français, en hausse de 8%, confirmant son statut de premier partenaire nord-africain de l’agriculture française.

En Afrique subsaharienne, la Côte d’Ivoire s’est imposée comme principal débouché. La première économie de l’UEMOA a importé pour 509 millions d’euros de produits agricoles français, en hausse de 13%. Elle a notamment acheté plus de 540.000 tonnes de céréales pour 153 millions d’euros. Le Sénégal suit avec 264 millions d’euros d’achats. Dans le même temps, les pays d’Afrique australe ont importé pour 642 millions d’euros de produits agricoles français, avec l’Afrique du Sud, Maurice et Madagascar parmi les principales destinations.

Recommandé pour vous

Côte d’Ivoire : une croissance moyenne de 6,8% visée d’ici 2029

La Côte d’Ivoire anticipe une croissance moyenne de 6,8 % entre 2027 et 2029, portée par les recettes internes, l’investissement public et une dette jugée soutenable.

Or africain : Pékin retarde l’acquisition d’Allied Gold par Zijin Mining

Pékin reporte au 29 juillet le rachat d’Allied Gold par Zijin Mining suite à des doutes sur la prime payée et les risques au Mali, où se situe la moitié de la production visée.

Kenya : 65M$ pour connecter 53.000 ménages au réseau électrique

Le Kenya investit 65 millions de dollars pour électrifier plus de 53.000 ménages dans le nord du pays à travers un programme qui s’appuie sur les centrales hybrides.

La Côte d’Ivoire lance un projet de centrale électrique de 372 MW à Songon

La Côte d’Ivoire lance une centrale de 372 MW à Songon, avec un investissement de plus de 654 M€, pour renforcer son réseau électrique et son rôle de hub énergétique régional.

Botswana : le projet K.Hill, premier pas dans l’industrie du manganèse

Le Botswana se rapproche de sa première production de manganèse avec le projet K.Hill de Giyani Metals dont l'étude de faisabilité confirme la rentabilité.

Burkina Faso : un fonds souverain minier pour financer les infrastructures

Économie - Le Burkina Faso a créé un fonds souverain minier, baptisé « Siniyan-Sigui », destiné à financer dès 2027 des infrastructures et projets industriels.
pub