Kenya : des manifestations contre un centre de quarantaine américain font deux morts
Alors que l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo suscite des inquiétudes croissantes à l’échelle internationale, un projet de centre de quarantaine soutenu par les États-Unis au Kenya provoque une vive contestation locale. À Nanyuki, des manifestations contre cette installation ont dégénéré en affrontements avec les forces de sécurité, faisant au moins deux morts et plusieurs blessés.
Une contestation alimentée par la peur d’Ebola
Lundi, des centaines de personnes se sont rassemblées dans la ville de Nanyuki, située à environ 200 kilomètres au nord de Nairobi, pour protester contre l’installation d’un centre de quarantaine destiné aux ressortissants américains potentiellement exposés au virus Ebola en République démocratique du Congo.
Le projet, prévu à proximité de la base aérienne de Laïkipia, suscite des inquiétudes au sein d’une partie de la population kényane, malgré l’absence de cas recensés dans le pays depuis le début de l’épidémie en RDC, déclarée à la mi-mai. Plusieurs habitants craignent une propagation du virus dans un système de santé jugé fragilisé par des années de corruption et de sous-investissement.
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Selon des organisations de défense des droits humains, la mobilisation a rapidement dégénéré en affrontements avec les forces de sécurité, qui ont utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants. Deux hommes auraient été tués lors des violences, dont un jeune de 27 ans atteint par balle, selon des témoignages relayés par des défenseurs des droits humains.
Une controverse politique et judiciaire grandissante
Face à la polémique, le président kényan William Ruto a défendu le projet, affirmant qu’il vise à renforcer les capacités sanitaires du pays tout en permettant une coopération avec les États-Unis pour faire face à une éventuelle urgence épidémique.
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Cependant, l’initiative est loin de faire consensus. La Haute Cour kényane a suspendu l’ouverture du centre, estimant que l’intérêt public nécessitait un examen approfondi du dossier. Mardi, elle a prolongé cette suspension et exigé du gouvernement qu’il rende publics les accords liés au projet dans un délai de sept jours.
Sur le plan international, plusieurs critiques émergent également. Aux États-Unis, des élus démocrates ont dénoncé le recours à une installation au Kenya, appelant l’administration américaine à prendre directement en charge ses ressortissants exposés au virus sur son propre territoire.