Madagascar : la junte malgache cible les jeunes 6 mois après
À Madagascar, la junte malgache fait face à des critiques croissantes six mois après la chute d’Andry Rajoelina, renversé à l’issue des mobilisations de septembre et d’octobre 2025 à Antananarivo. Arrivé au pouvoir en promettant une transition brève, une concertation nationale et des élections crédibles, le colonel Michaël Randrianirina est désormais accusé de réprimer une partie de la jeunesse qui avait contribué à fragiliser l’ancien régime.
Selon plusieurs informations concordantes, des militants issus de la génération mobilisée contre les délestages, la corruption et les pénuries d’eau ont été interpellés dans la capitale malgache. Les autorités invoquent des motifs liés à la sûreté de l’État, dans un contexte marqué par le maintien de la crise des services publics et par une recomposition rapide de l’appareil d’État sous contrôle militaire.
Madagascar : la junte malgache durcit sa transition
Le basculement est d’autant plus marquant que la contestation initiale s’était construite sur des revendications sociales concrètes. Les coupures d’électricité, les difficultés d’accès à l’eau et le rejet d’une gouvernance jugée opaque avaient entraîné des semaines de rassemblements dans la capitale. C’est dans cette brèche que les militaires se sont imposés, en se présentant comme une solution temporaire destinée à rétablir l’ordre et à préparer un retour rapide à un pouvoir civil.
Six mois plus tard, le calendrier politique reste imprécis. La concertation promise n’a pas encore produit de feuille de route clairement identifiable, tandis que plus d’un millier de nominations à de hauts postes de l’État auraient été actées. Pour les soutiens du pouvoir, il s’agit d’un assainissement des institutions. Pour ses détracteurs, cette dynamique s’apparente à une prise de contrôle durable de l’administration, accompagnée d’arrestations ciblées d’anciens responsables et de figures militantes.