Madagascar : la junte malgache cible les jeunes 6 mois après

Temps de lecture :
Madagascar bascule sous régime militaire après la destitution de RajoelinaLe colonel Michael Randrianirina (au centre), avec d’autres militaires, lors de l’annonce de la prise de pouvoir, devant le palais présidentiel, à Antananarivo, le 14 octobre 2025 © LUIS TATO / AFP
A A A A A

À Madagascar, la junte malgache fait face à des critiques croissantes six mois après la chute d’Andry Rajoelina, renversé à l’issue des mobilisations de septembre et d’octobre 2025 à Antananarivo. Arrivé au pouvoir en promettant une transition brève, une concertation nationale et des élections crédibles, le colonel Michaël Randrianirina est désormais accusé de réprimer une partie de la jeunesse qui avait contribué à fragiliser l’ancien régime.

Selon plusieurs informations concordantes, des militants issus de la génération mobilisée contre les délestages, la corruption et les pénuries d’eau ont été interpellés dans la capitale malgache. Les autorités invoquent des motifs liés à la sûreté de l’État, dans un contexte marqué par le maintien de la crise des services publics et par une recomposition rapide de l’appareil d’État sous contrôle militaire.

Madagascar : la junte malgache durcit sa transition

Le basculement est d’autant plus marquant que la contestation initiale s’était construite sur des revendications sociales concrètes. Les coupures d’électricité, les difficultés d’accès à l’eau et le rejet d’une gouvernance jugée opaque avaient entraîné des semaines de rassemblements dans la capitale. C’est dans cette brèche que les militaires se sont imposés, en se présentant comme une solution temporaire destinée à rétablir l’ordre et à préparer un retour rapide à un pouvoir civil.

Madagascar : anatomie d’un bouleversement historique

Six mois plus tard, le calendrier politique reste imprécis. La concertation promise n’a pas encore produit de feuille de route clairement identifiable, tandis que plus d’un millier de nominations à de hauts postes de l’État auraient été actées. Pour les soutiens du pouvoir, il s’agit d’un assainissement des institutions. Pour ses détracteurs, cette dynamique s’apparente à une prise de contrôle durable de l’administration, accompagnée d’arrestations ciblées d’anciens responsables et de figures militantes.

Recommandé pour vous

Cameroun : d’anciens contractuels réclament 60 mois d’impayés

154 anciens contractuels du PIAASI, au Cameroun, réclament 60 mois d’arriérés de salaire. Ils affirment attendre une solution promise après une rencontre avec le Premier ministre.

Gabon : l’audit ramène le taux d’endettement sous le seuil de 70%

Le Gabon ramène son taux d’endettement à 68,91% après un audit, contre 84% auparavant, grâce à une révision de la dette et du PIB.

Afrique du Sud : Pretoria préoccupée par les restrictions américaines sur les visas

Pretoria dénonce les restrictions américaines sur les visas visant des responsables sud-africains et appelle Washington à privilégier le dialogue diplomatique.

Mauritanie : l’ambassadeur iranien convoqué à Nouakchott

La Mauritanie a convoqué l’ambassadeur iranien après des « déplacements » jugés contraires aux usages diplomatiques, sur fond de controverse autour d’une visite à Bousdeïra.

18 candidats retenus pour la présidentielle de 2027 au Nigéria

Parmi les principales figures en lice figurent le président sortant Bola Ahmed Tinubu (APC), candidat à sa réélection, et l'ancien vice-président Atiku Abubakar (ADC).

L’Afrique, les Etats-Unis et la bataille des cartes

Une carte peut-elle fausser notre vision de l’Afrique ? En changeant de projection, l’ONU veut remettre les continents à leur vraie taille. Une décision scientifique… en apparence.
pub