Centrafrique : l’opposition réclame un dialogue politique

Temps de lecture :
RCA : Faustin-Archange Touadéra annonce sa candidature à la présidentielleFaustin-Archange Touadéra, président de la République de la Centrafrique © DR
A A A A A

En République centrafricaine, le principal regroupement de l’opposition a demandé, le 16 avril à Bangui, l’ouverture d’un dialogue politique après avoir vivement critiqué le bilan des dix années de pouvoir du président Faustin-Archange Touadéra. Cette prise de position intervient un peu plus de deux semaines après son investiture pour un nouveau mandat, dans un climat encore marqué par les contestations autour des élections générales de décembre 2025.

Réunis au sein du Bloc républicain pour la défense de la Constitution, les responsables de l’opposition estiment que la situation du pays s’est dégradée sur les plans politique, social, économique et culturel. Ils affirment que les tensions actuelles exigent un cadre inclusif de concertation afin de renforcer la cohésion nationale et de relancer un pays confronté depuis des années à une forte fragilité institutionnelle et sécuritaire.

Un dialogue politique réclamé sur fond de crise persistante

Lors de leur conférence de presse, les dirigeants du bloc ont dressé un constat sévère de la gouvernance depuis 2016. Ils jugent insuffisantes les avancées enregistrées dans l’amélioration des conditions de vie, notamment dans les zones rurales, où l’accès aux services de base, aux infrastructures et à la sécurité reste limité. L’opposition soutient également que le boycott des élections du 28 décembre 2025 a été largement suivi, ce qu’elle présente comme un signal de défiance d’une partie de la population envers le processus politique en cours.

Lire aussi : Présidentielle en Centrafrique : Dologuélé dénonce des irrégularités et se proclame vainqueur

La République centrafricaine est entrée récemment dans la VIIe République, une nouvelle étape institutionnelle censée ouvrir un cycle politique différent. Mais cette séquence n’a pas dissipé les fractures. Le pays, enclavé et parmi les plus pauvres du continent, continue de dépendre largement de l’aide extérieure pour financer ses besoins essentiels. Dans ce contexte, les critiques sur la gouvernance prennent un relief particulier, alors que les attentes sociales restent élevées et que le pouvoir cherche à consolider sa légitimité après la réélection du chef de l’État.

Recommandé pour vous

Gabon : l’audit ramène le taux d’endettement sous le seuil de 70%

Le Gabon ramène son taux d’endettement à 68,91% après un audit, contre 84% auparavant, grâce à une révision de la dette et du PIB.

Afrique du Sud : Pretoria préoccupée par les restrictions américaines sur les visas

Pretoria dénonce les restrictions américaines sur les visas visant des responsables sud-africains et appelle Washington à privilégier le dialogue diplomatique.

Mauritanie : l’ambassadeur iranien convoqué à Nouakchott

La Mauritanie a convoqué l’ambassadeur iranien après des « déplacements » jugés contraires aux usages diplomatiques, sur fond de controverse autour d’une visite à Bousdeïra.

18 candidats retenus pour la présidentielle de 2027 au Nigéria

Parmi les principales figures en lice figurent le président sortant Bola Ahmed Tinubu (APC), candidat à sa réélection, et l'ancien vice-président Atiku Abubakar (ADC).

L’Afrique, les Etats-Unis et la bataille des cartes

Une carte peut-elle fausser notre vision de l’Afrique ? En changeant de projection, l’ONU veut remettre les continents à leur vraie taille. Une décision scientifique… en apparence.

Gabon : le gouvernement suspend les nouvelles exonérations fiscales et douanières

Le Gabon suspend les exonérations fiscales et douanières, après un manque à gagner de plus de 393 millions d’euros au 31 juillet 2026.
pub