Congo-Brazzaville : Sassou-Nguesso investi pour un 5e mandat
En République du Congo, Denis Sassou-Nguesso a prêté serment jeudi 16 avril à Kintélé, dans la banlieue nord de Brazzaville, pour un cinquième mandat consécutif. Réélu à l’issue de la présidentielle du 15 mars avec 94,90% des suffrages selon les résultats définitifs validés par la Cour constitutionnelle, le chef de l’Etat congolais, âgé de 82 ans, ouvre un nouveau quinquennat après plus de quatre décennies passées au sommet du pouvoir, avec une interruption dans les années 1990.
La cérémonie d’investiture s’est tenue au complexe sportif de la Concorde en présence de plusieurs chefs d’Etat africains et de représentants étrangers. Dans son serment, le président s’est engagé à respecter la Constitution, à garantir la paix, la justice, l’unité nationale et la souveraineté du pays, alors que l’opposition continue de contester les conditions du scrutin et que l’un de ses recours a été rejeté par la juridiction constitutionnelle.
Talbi El Alami représente le Roi à l’investiture de Sassou N’Guesso
Sassou-Nguesso face aux défis économiques et politiques du Congo
Dans son discours, le président a placé son nouveau mandat sous le signe du développement, de l’emploi et de la relance de l’économie nationale. Il a insisté sur la jeunesse, présentée comme une priorité, et a mis en avant l’agriculture, l’industrie ainsi que la poursuite des infrastructures de base comme principaux leviers d’action. Cette orientation intervient dans un contexte social marqué par de fortes attentes en matière d’emplois, de services publics et d’amélioration du niveau de vie.
La République du Congo reste en effet confrontée à des fragilités structurelles malgré ses ressources pétrolières. Le pays doit composer avec un endettement élevé, estimé à près de 95% du produit intérieur brut selon des données récentes d’institutions financières internationales, ainsi qu’avec une dépendance persistante aux hydrocarbures. Dans ce contexte, les engagements de diversification économique sont suivis de près, notamment par les partenaires régionaux d’Afrique centrale et les institutions continentales comme l’Union africaine et la Banque africaine de développement, qui défendent une croissance plus résiliente et moins exposée aux chocs extérieurs.
Sur le plan politique, ce nouveau mandat confirme la longévité exceptionnelle de Sassou-Nguesso dans le paysage africain. Des observateurs africains ont décrit le scrutin comme globalement pacifique, tandis que des candidats de l’opposition ont dénoncé des irrégularités et contesté le niveau officiel de participation, annoncé à plus de 84%.